2025-12-19
Afriques en vision : Regards croisés sur la 5e édition du festival des cinémas africains
Écrit par :
Gaïane Fritsch
Léopold Frouin
Du 27 novembre au 1er décembre, l’équipe de TACK a assisté à la 5e édition du festival bordelais Afriques en vision, organisé par l’Institut des Afriques, avec le soutien de nombreux partenaires. Durant ces cinq jours, nous avons été invités à décentrer notre regard sur les sociétés africaines, en découvrant les productions de nouveaux cinéastes du continent et des classiques peu diffusés (voire inédits) en salle. Retour, en équipe, sur cette manifestation d’une qualité à nouveau exceptionnelle, qui nous a réservé de nombreux coups de cœur !
Mi Okkitiri Adama (2025) de Mamadou Alpha Diallo
L'histoire : "Quand ma sœur Adama reçoit une demande en mariage, mon père me demande de participer en tant que frère à la contractualisation du mariage. De Bordeaux, je rentre au Sénégal avec ma caméra. Pendant mon séjour, j'en profite pour enquêter sur les mariages passés au sein de ma famille et m'interroger sur mon avenir et celui de mes jeunes petites soeurs"
Léopold : Agréable surprise que ce court-métrage introductif de la séance d’ouverture de la 5e édition d’Afriques en vision. Mamadou Alpha Diallo revient dans son pays natal, le Sénégal, pour mener une enquête sur les mariages dans sa famille alors que sa sœur Adama vient de recevoir une demande. En découle une œuvre passionnante, qui interroge les coutumes encore prégnantes au Sénégal. Le tout est finement filmé par ce jeune réalisateur, avec le soutien de l’Université de Bordeaux-Montaigne. Un court-métrage qui trouve des échos directs avec le film Bal Poussière diffusé juste après.
Bal Poussière (1989) de Henri Duparc
L'histoire : Demi-Dieu, ainsi se nomme-il lui meme car seul maitre apres Dieu dans le village, decide pour harmoniser chaque jour de la semaine de prendre une sixieme femme. Il garde le septieme jour pour le repos ou la recompense de la meilleure d'entre elles. Mais voila que la nouvelle epouse, Binta, arrive de la ville !
Léopold : Film d'ouverture de la 5e édition d'Afriques en vision, Bal Poussière est une agréable surprise. Le film a un excellent tempo comique tout du long, compensant un jeu d’acteurs pas toujours très juste. Si les premières scènes ne laissent présager rien de bon, Henri Duparc finit par trouver son rythme de croisière. Bal Poussière est un projet qui transpire la sincérité, et c’est certainement là, sa plus grande qualité.
Il faut évidemment prendre Bal Poussière pour ce qu'il est, à savoir un récit satirique qui se moque gentiment des coutumes de la Côte d'Ivoire à l’orée des années 1990. C'est à plusieurs reprises borderline mais ça ne franchit (quasiment) jamais la limite. Toutefois, on pourra relever une certaine dichotomie de la part du réalisateur, qui cherche, d’une part, à bousculer les coutumes archaïques ivoiriennes, en y insufflant un vent de liberté pour les femmes en quête d’émancipation, mais qui, d’autre part, s’enfonce dans des poncifs malvenus. Un pas en avant, un pas en arrière. Ainsi, si Henri Duparc décide de filmer Binta, la très jeune sixième femme de Demi-Dieu, topless à la plage afin de montrer son insouciance et sa volonté de casser les codes du patriarcat, il rajoute des scènes superflues et purement gratuites, quand Binta prend sa douche, ou lors de la dernière scène du métrage. Il y avait là tout le potentiel de proposer une œuvre fondamentalement avant-gardiste, mais à cause de certaines décisions, Bal Poussière reste quelque peu à quai.
Le film reste toutefois un moment fort plaisant, à la réalisation certes classique, mais efficace. Difficile de pleinement juger la photo du film car l’image n’était pas de grande qualité - avec beaucoup de grain-, malgré une restauration 2K de 2021.
Bal poussière est un moment suspendu, qui tape la plupart du temps juste, mais qui ne va pas totalement au bout de son propos. Une excellente introduction à cette nouvelle édition d’Afriques en vision. Mention spéciale pour la fin, très drôle.
Salima : Le premier plan du film est mémorable : à l'image, Binta apparaît iconique dans un petit jean et un polo rose qui lui taille un peu grand. Ses cheveux crépus sont lissés et coiffés de façon ébouriffée, à la mode des années 1980. Elle s’allume une cigarette et arrête le taxi qui l'emmenera en soirée. Si le Bal poussière de Henri Duparc comporte des dissonances, il révèle une certaine harmonie entre son esthétique textile et architecturale et le discours qu’il veut partager. Le récit s’intègre dans le paysage d’un village ivoirien avec des infrastructures traditionnelles, naturelles, et une population qui fait vivre les rues par ses marchés et son artisanat. Les couleurs uniformes de la terre et de la verdure sont la toile parfaite pour faire ressortir les couleurs, les coupes et les imprimés des pagnes et des robes qui défilent tout au long du film. Pathé’O, styliste du film, est un styliste de renom, connu pour avoir travaillé les tissus africains en privilégiant l’artisanat et dans une volonté de briser l’image du pagne qui se porte dans un contexte de pauvreté, l’emmenant à destination des personnes aux métiers plus élevés socialement, par exemple. Cette révolution des traditions se retrouve aussi à l'intérieur postmoderne de la grande maison de Demi-Dieu. Ce design apparaît dans les années 1980 pour tourner à l’ironie l’architecture d’intérieur stricte traditionnelle, qui réduit les meubles à leur fonction, pour les rendre plus uniques, plus artistiques, dans une volonté de laisser s'exprimer l’individu, et plus uniquement la façon de vivre d’une communauté.
Demi-Dieu vit à une époque où les mœurs vont au changement, à tel point que sa propre maison a l’air de lui souffler qu’il est ringard, qu’il fait parti des meubles ironisés, car bien que Demi-Dieu soit rusé, il est constamment tourné au ridicule par son absurdité. Binta est à la convergence de deux styles vestimentaires. Tantôt tape à l'œil, à la mode des 80’s, tantôt plus respectueuse des traditions, avec des robes imprimées ou des pagnes. A travers le personnage de Binta, on fait voir la polygamie comme modèle matriarcal révolu par le sens moral mais encore légitimé socialement. Le film, son récit et son esthétique, nous en disent beaucoup sur le contexte social qui a vu naître Henri Duparc. Le réalisateur français, qui s’est tourné vers son pays d’origine qu’est la Côte d'Ivoire pour y fonder une famille, s’engage à dénoncer les dérives du système, bien qu’il soit lui-même imprégné de ses biais.
My Father's shadow (2025) de Akinola Davies Jr.
COUP DE ♥ DE SALIMA
Salima : Akinola Davies Jr, le réalisateur, et Wale, son frère, écrivent ensemble un scénario pour nous emmener à bord d’une longue journée avec leur père, qu’ils ont perdu lorsqu’ils étaient enfants. Dans ce film, ils reconstituent son portrait, avec ce qui leur reste de souvenirs et tout l'imaginaire de lui que leurs pensées ont fabriqué. Dans la mise en scène, tout est fait pour que le père, ainsi que la journée passée avec lui, se confondent à un rêve. Le récit se déroule en 1993, mais nous ne remarquons pas que les scènes sont filmées dans la ville de Lagos en plein 2025 tant notre champ de vision est soumis à la hauteur d’enfant que nous empruntons durant notre escapade.
Le principal enjeu du récit est la relation qui se tisse entre le père et ses enfants. En apprenant à connaître leur père, les frères forgent le lien qu’ils ont l’un avec l’autre. Le réalisateur n’a pas voulu d’une énième représentation du père africain dur et insensible, car ce n’est pas le souvenir que son père lui a laissé. La relation mise en scène est touchante par sa justesse, son réalisme. Les discussions entre père et fils sont tantôt banales tantôt profondes, toujours criantes de tendresse, mais toujours enserrées par le climat pesant du contexte politique qui surcharge l’environnement. À hauteur d’enfant, nous ne comprenons pas de suite l’enjeu de tout ce qui nous entoure. Mais Akinola Davies Jr réussit à tout nous faire ressentir parfaitement. Expérimenté dans la réalisation de clips pour des artistes hip-hop, sa photographie hypnotisante, dans ce qui paraît être un long clip de deux heures trente, réussit à transcrire le sentiment de perte que son frère et lui ont connu à la mort de leur père. A la fin du film nous sommes laissés là, entre l’envie immense que ce temps passé n’ai pas été un rêve, et la tristesse face à l’évidence que s’en était bien un : dans le réel, les moments de vies avec leur père ont été arrachés aux frères Davies.
Le film rappelle à quel point la montée de l’autoritarisme est un mouvement de bousculade qui déboulonne entre tous les corps qui s’aiment ou qui traversent simplement les mêmes rues. Et lorsque nous le croisons, il sculpte à son envie le chemin de nos vies, et les plus intimes parts de nous. Nous, contraints d’avancer avec un réglage par défaut, avec des pièces manquantes, qu’il nous a confisqué, à jamais. Akinola Davies Jr a matérialisé la perte en photographie. Gros coup de cœur du festival !
Amakki (ta maman) (2025) de Célia Boussebaa - Première française
L'histoire : Niché dans les collines de Sidama où l’on cultive le café, Amakki déroule une histoire envoûtante. Les vies de deux femmes et de deux enfants convergent et divergent, créant une mosaïque poétique de féminité. Chaque chapitre respire les mélodies de la joie et de la tristesse, tandis que le film transcende le temps, capturant les fils complexes qui lient ces femmes et leurs enfants.
Gaïane : Célia Boussebaa nous propose un portrait de femmes en Ethiopie dans la région caféière de Sidama. Le film en 4 chapitres suit le parcours des différentes figures de la famille, de la plus petite à la doyenne, et adopte toujours une caméra juste, à l'œil presque scientifique sur leur vie. Tour à tour dans les yeux de la benjamine puis de l'aîné, nous percevons le monde à travers leur regard, un regard où les hommes sont flous, où seules comptent leur mère et leur grand-mère. Célia Boussebaa déploie une fresque non pas sur une ferme de café mais bien sur ce microcosme féministe, qui par son existence même défie l’ordre masculin que ce soit le conseil des ainés, le voisin ou le mari. Le rendu, tout en étant digne d’une enquête sociologique, est touchant et intime, porté par des femmes ambitieuses et indépendantes.
Camionneuse (2025) de Meryem-Bahia Arfaoui
L'histoire : Zina, petite, rêve de conduire des camions. Adulte, elle quitte son Algérie natale pour réaliser ce rêve. Aujourd'hui, elle embarque chaque semaine dans sa cabine de semi-poids-lourd pour le transporter d'un bout à l'autre de la France. Désormais camionneuse, Zina travaille dans ce milieu routier qui évolue dans une dimension singulière. Sa place est toujours à gagner, toujours à prendre.
Gaïane : Camionneuse n’est pas un documentaire comme un autre, c’est un véritable dialogue entre Zina et la caméra, la réalisatrice et le public. Elle nous narre son quotidien, ses rêves, son ambition à sillonner les routes du Canada, ses ami.e.s en France dans un collectif féministe, une ferme, sa famille en Algérie. Le film est loin d’être le parcours d’une camionneuse mais surtout le journal intime d’une vie. La personnalité unique de Zina perce l’écran par son dynamisme et sa persévérance. Le film est inspirant et rassembleur, unifiant deux rives dans une seule et même histoire.
Yeelen (1987) de Souleymane Cissé
L'histoire : Suivant la tradition bambara, un jeune homme s'apprête a recevoir le savoir destiné à lui assurer la maîtrise des forces qui l'entourent. Cependant, le père du jeune Nianankoro voit d'un mauvais oeil son fils devenir son égal, aussi, sa mère le jeune homme. Au cours de ce voyage initiatique, Nianakoro va apprendre à tester ses forces et ses pouvoirs, qu'il devra inévitablement confronter à ceux de son père.
Gaïane : Yeelen est une épopée malienne pour laquelle il faut se préparer : à être dépaysé et à ne pas comprendre. Pour toute personne souhaitant le visionner, une notice d’emploi doit l’accompagner pour saisir certains aspects mythologiques, notamment décrypter les symboliques de la fin. Sans des recherches sur le sujet, l’histoire risque d’être hermétique à la logique et la raison. Cela dit, le film n’en est pas moins captivant par sa magie, sa nature sublime, ses personnages attachants. Certains plans ont toutefois accusé le coup du temps et souffrent de quelques clichés. Néanmoins, il reste à voir pour tous ceux voulant découvrir de nouvelles légendes, loin de nos contes habituels, et plongez dans un classique qui a introduit le cinéma du continent africain dans de nombreux festivals, tel que le Festival de Cannes, et plus globalement sur la scène internationale.
The Nights still smells of gunpowder (2024) de Inadelso Cossa - Première française
L'histoire : Trente-deux ans après la guerre civile au Mozambique, Inadelso Cossa retourne dans le village natal de sa grand-mère pour explorer les traces du passé et révéler les histoires enfouies.
Léopold : Il m’est difficile de parler de The nights still smell of gunpowder, tant ce film m’a laissé sur le côté. Fondamentalement, le documentaire d’Inadelso Cossa est passionnant sur bien des points, notamment sur son traitement éclairé et sincère de la guerre civile au Mozambique d'il y a 32 ans. Ce film-poème nous entraîne dans la mémoire de la grand-mère du réalisateur, dans un jeu d’onirisme et de réalité. En l’état, le film aurait pu être des plus passionnants. Mais Inadelso Cossa, par cette œuvre dichotomique, finit par nous perdre. Le film prend son temps dans l’exposition des souvenirs de la grand-mère, quitte à étirer plus qu’il ne le faut son récit. Tout est surligné, comme cette idée, au départ brillante, de capter le son, les cris d’une terre meurtrie, via une perche de cinéma. Le procédé revient encore et encore, et finit par lasser. Tout est trop long. On ne sait jamais où le métrage veut nous amener.
Sa plus grande force ne dure que quelques minutes à peine, lorsque Inadelso Cossa montre des images d’archives à l'écran, d’une puissance évocatrice. Il y en a malheureusement que trop peu, dûe à cette guerre terrible, mal documentée. Mais ce sont ces bouts du passé qui marquent le plus, éclipsant des témoignages peu mis en scène. Si les mots sont durs, le filmage est fondamental pour accompagner le propos...
Toutefois, si cette critique possède une consonance négative, il faut la replacer dans un contexte occidental, en l’occurrence français. Je ne pense sincèrement pas être la cible du film, du moins en l’état. Je suis en effet trop peu au courant des circonstances de cette guerre civile mozambicaine, et certains éléments m’ont certainement échappé. Je pense que The nights still smell of gunpowder trouvera plutôt écho auprès de celles et ceux concernés par cette tragédie, qui pourront voir en ce documentaire un moyen de comprendre et de panser les plaies du passé. Le film, davantage destiné à la mémoire locale, n’en reste pas moins difficile d’accès par sa mise en scène, et certaines limites ne peuvent être retirées.
Rising up at night (2025) de Nelson Makengo
L'histoire : Kinshasa, capitale de 17 millions d'habitant.e.s, est plongée dans l'obscurité et l'insécurité, et ses habitant.es luttent pour avoir accès à la lumière. Dans une quête incessante, Kudi mobilise les résident.e.s de son quartier pour acheter le câble volé afin de rétablir l'électricité à temps pour les fêtes de fin d'année.
Salima : C’est par le son d’une voix que s’innicie le récit, lorsqu’à l’image il n’y a que le noir complet. La voix d’un homme croyant, proclame qu’un don de lumière est un don de bonheur au sein d’un foyer ; que Jésus est là où la lumière est.
L’absence de lumière courante dans les rues et les domiciles est vécue comme une tragédie par les habitants de Kinshasa, que Nelson Makengo suit avec sa caméra. Cette dernière ne nous distancie jamais de l’état d’esprit des personnes à l’écran. Elle s’agite quand les discussions sont plus vives, tremble quand la frénésie des prières s’empare des corps désemparés par la nuit sans fin, et que le son de violons grinçants se superpose aux sons réels. Le film débordant de sombreur nous donne à contempler toutes les sources de lumières qui se proposent à nos yeux. La caméra se calme, lorsqu'il faut les contempler. En se servant de la composition du décor comme élément de séparation, Nelson Makengo a tendance à créer des sortes de split screen naturels, sans montage. Une source de lumière, abritée dans l'une des moitiés de l’écran est alors mise à l'abri. Ces “faux split screen” font également ressortir la cohésion de la communauté lorsqu’elle est rassemblée dans l’une des moitiés de l’écran, et donc, opposée à l’autre moitié qui se compose essentiellement de nuit. L’opposition visuelle reflète l’affrontement réel entre le peuple et la sombreur, alors un peu personnifiée, en antagoniste.
Personnellement, le film à réussi à me transporter dans un tout petit séjour au sein de familles congolaises. Il nous fait découvrir une facette d’un pays qui, dans son ère postcoloniale, est encore frappé par des instabilités politiques intra et interétatiques, et où la violence subie par la population de certaines régions du pays, notamment à l’Est, peut dépasser la révoltante absence d’électricité. Les personnes qui “se lèvent la nuit” tout au long du film, se montrent soudées, élaborent des plans, se soutiennent et prient. Ce documentaire est un témoignage de leurs moments. Leurs moments de résilience, leurs moments chaleureux, leurs fêtes. Les moments qu’ils créent éclairent Kinshasa quand l’électricité ne le fait pas.
La séance court-métrage, vue par Gaïane
Alazar de Beza Hailu Lemma : Dans une contrée éthiopienne loin de tout, aride où seule rient les hyènes, vit une communauté éparse régie par le religieux. Alors quand le père défunt d’une des familles
disparaît de sa tombe, presque tout le monde croit au miracle. Ce don de Dieu impose exige reconnaissance et piété anéantissant toutes perspectives en dehors du chemin de la croyance en la terre des ancêtres. Alazar nous dépeint le portrait d’une certaine Ethiopie rurale et les carcans de la religion… en tout point instructif.
Pie Dan lo de Kim Yip Tong : Magnifique court-métrage animé racontant l’épisode d’une marée noire sur une des côtes de l’île Maurice et comment la solidarité régionale a sauvé la jetée et la couronne de corail. Ce court-métrage nous rappelle qu’une telle catastrophe ne touche pas seulement l’environnement mais l’identité des individus y vivant. En détruisant la terre, elle ravage aussi l’histoire de peuples.
Mme Faiza et Dr Love de Anissa Daoud : Dans une cité parisienne, Mme Faiza prend enfin son destin en main : elle se reconvertit pour devenir la première sexologue de son quartier. Décision qui fait jaser, elle n’en reste pas moins fidèle à son rêve et nous transporte avec elle au cours de ces rendez-vous de réalités amoureuses complexes et touchantes. Ce court-métrage garantit à tous des rires et de la bonne humeur.
Samba Infinito de Leonardo Martinelli : COUP DE ♥ COURT-METRAGE GAIANE
Leonardo Martinelli rend hommage au fantastique et à son pays, le Brésil. Nous parcourons les souvenirs d’enfance des carnavals de Rio d’un éboueur dont sa sœur est décédée jeune. A la fois énigmatique, transcendant, magnifique et tendre, Leonardo Martinelli nous convie à cette fête et nous rappelle qu’elle est plus qu’une démonstration de couleurs chatoyantes, qu’elle est avant tout identitaire, résistante et nostalgique. Samba Infinito est officiellement mon coup de coeur de cette session court-métrage.
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Entretien avec Amandine, à l'occasion de la sortie de son nouveau single "eau qui" Coups de cœur littéraires de février 2026 Trust : Carlson Young enferme Sophie Turner dans un film sans âme Un jour avec mon père (My father's shadow) : entre poésie, rêve et histoire Présentation de la 21e édition de Cinémarges, le festival queer et féministe de Bordeaux L'île de la demoiselle : Une promesse devenue naufrage Lost Media : Le cauchemar anthologique de Timothée Hochet Membre Fantôme Osam : Découverte d'un voyageur musical à la croisée des genres Être fan, trop fan : chronique d’une fangirl devenue adulte Le syndicat du crime : Le chef-d'œuvre de John Woo ressort au cinéma Le Sifflet (Whisle) : Quand La Main rencontre Destination Finale Bone Lake : Un thriller sulfureux aux notes d'hémoglobine Allah n'est pas obligé : Rencontre avec Zaven Najjar, réalisateur du film Présentation de la 22e édition du festival Bordeaux Rock, le festival de la musique indépendante Racisme et altérité dans le gothique : monstres, empire et héritages postcoloniaux A Fidai Film : Kamal Aljafari expose la contre-mémoire palestienne Congo-océan, un chemin de fer et de sang : Un documentaire éclairant sur un des plus terribles scandales de l'Histoire coloniale française The King Tibe (ou La Grande Marée) : Le pouvoir du fondamentalisme religieux et de ses croyances Scream 7 : Une catastrophe artistique et industrielle à la production problématique Elle nous avait emportés dans son univers avec son premier projet Maison 2 pièces, Amandine revient sur le devant de la scène avec son nouveau single, eau qui, disponible partout depuis ce vendredi 27 mars. Texte de l’intime aux sonorités électro, Amandine nous embarque dans son monde foisonnant en constante évolution. L’occasion était toute trouvée pour discuter de nouveau avec cette bordelaise d’adoption, un an après la sortie de son EP. Quatre œuvres explorent des univers contrastés : Thoreau invite à une immersion libre dans la nature américaine, entre carnet de route et contemplation. Kawabata dérange en abordant solitude et désir chez les aînés. Stento et Trouillard livrent une fable absurde et critique sur le capitalisme. Enfin, Baldi séduit surtout par son atmosphère visuelle envoûtante plus que par son récit. CRITIQUE CINE - Trust était la petite curiosité de cette fin mars. Porté par Sophie Turner (Game of Thrones) et réalisé par Carlson Young, le film vaut aussi pour être un des derniers rôles de Peter Mensah, décédé depuis. Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances (c’est le moins que l’on puisse dire)… Le 25 mars 2026 sort le très attendu Un jour avec mon père (My father’s shadow dans sa version originale). Entre tendresse, tension, rêve et réalité, le film est un choc total. Retour sur un des coups de cœur de la dernière édition du festival bordelais Afriques en vision ! Du 1er au 8 avril se tient l’incontournable festival dédié aux films queer et féministes : Cinémarges. Lieu de résistance, de partage, de culture, l’événement “fait surgir sur les écrans de ce que l’histoire dominante tente de reléguer aux marges : nos corps, nos désirs, nos révoltes, nos mémoires”. Demandez le programme ! CRITIQUE CINE - Marguerite de la Rocque, figure historique invisibilisée, à l’histoire insensée, prend enfin vie sous la direction de Michal Wald. Si L'île de la demoiselle promet un film de survie, à la portée organique, il ne cesse de nous faire déchanter, dans un naufrage à tous les niveaux. CRITIQUE SERIE - Timothée Hochet, jeune créateur ayant débuté sur Internet, revient sur Canal + après Stéphane, son premier long-métrage décalé, distribué sur la plateforme en 2023. L’originalité est à nouveau au cœur de sa nouvelle proposition, aussi étrange que surprenante, en collaboration avec Lucas Pastor : Lost Media. Quelque chose a disparu dans la vallée d'Aureuil. Pas récemment, bien avant. Une chatte le sait, le sent, le cherche dans chaque reflet, chaque effluve de poisson taquinant son museau. Un lac a existé ici. Il n'en reste rien, sinon une absence que les bêtes portent dans leurs os et que les humains ignorent. Puis, une nuit, l'eau revient. Mais ce n'est pas la bonne eau. Ce n'est pas le bon lac. Et quelque chose, dans cette vallée, continue de manquer. Après un premier projet sorti en 2019, Born Now, Osam a pris son temps pour développer son univers musical. Il revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un EP de trois titres construit comme un court-métrage sonore : Mars. Embarquez dans un voyage sensoriel qui vous amènera dans l’univers d’un artiste aux multiples facettes. On les imagine hystériques, naïfs ou excessifs. Pourtant, les fans sont souvent traducteurs, archivistes, critiques et créateurs d’histoires. De mes années à suivre One Direction à la découverte récente du fandom autour de Heated Rivalry, cette chronique explore ce que signifie être fan aujourd’hui : une expérience collective, créative et parfois militante, bien loin des clichés. CRITIQUE CINE - Classique du cinéma hongkongais des années 1980, Le syndicat du crime de John Woo ressort en 4K dans les salles obscures françaises ce mercredi 11 mars. L’occasion de revenir sur ce chef-d’œuvre, entre polar, action et drame, qui sera complété plus tard par deux films, afin de former une des trilogies les plus passionnantes de la fin du siècle dernier. CRITIQUE CINE - Artefact, mises à mort graphiques, ados comme chair à canon, scénario prévisible : pas de doute, nous sommes devant le film d’horreur classique à l’américaine. A cela s'ajoute une pincée de La Main, un soupçon de fête foraine, une louche de Destination finale et le cocktail est fin prêt. Le Sifflet sort en salle le 18 mars 2026. CRITIQUE CINE - Disponible en France depuis le 5 mars sur Paramount +, Bone Lake est une série B intense et radicale. Quand la tentation charnelle est présentée comme le point de bascule d’une redoutable histoire de manipulation, le dérapage fatal n’est pas loin. Suivre ses désirs ou son instinct, l'ultime choix pourrait bien être le dernier… A l’occasion d’une séance exceptionnelle proposée par l’Institut des Afriques, au cinéma Utopia Bordeaux, TACK a rencontré Zaven Najjar, réalisateur de la puissante adaptation du livre Allah n’est pas obligé, écrit par Ahmadou Kourouma. Dans cette discussion passionnante, nous sommes revenus sur la genèse du projet, l’approche documentaire du film, l’état de l’animation en France. Bonne lecture ! On les entend déjà au loin. Ce ne sont encore que des notes de musique éparpillées, mais dans quelques jours elles deviendront chants, mélodies et riffs endiablés. Bordeaux est prête à être électrisée par les sonorités rock du festival emblématique de la ville, le Bordeaux Rock, qui revient pour une 22e édition exceptionnelle avec un line-up de grande qualité ! Le gothique met en scène les peurs sociales et politiques de son époque, transformant les tensions coloniales et raciales en figures monstrueuses. De Frankenstein aux romans victoriens, il révèle des imaginaires marqués par l’empire. Les réécritures postcoloniales en proposent une critique, faisant du genre un espace de réflexion sur ses héritages. CRITIQUE CINE - A Fidai Film est un documentaire expérimental réalisé par Kamal Aljafari, artiste palestinien reconnu pour son combat sur la mémoire de son peuple. Après avoir tourné dans de nombreux festivals, dont le FIFIB en 2024, cette réalisation aussi audacieuse qu’exigeante à droit à une (toute) petite sortie nationale, à partir du mercredi 4 mars. Congo-océan, un chemin de fer et de sang de Catherine Bernstein et Nicole Bary revient sur un chapitre méconnu de l’Histoire coloniale française. Près de 20000 travailleurs, la majorité africains, forcés par l'administration coloniale à participer à un projet ferroviaire colossal, sont morts durant sa construction. Ce documentaire de mémoire donne la parole aux descendants et apporte un éclairage nécessaire sur une des nombreuses zones d’ombre de la France coloniale. The King Tibe de Christian Sparkes est un film trop méconnu sur notre territoire. Objet filmique passionnant, source de réflexions et d'analyses, La Grande Marée, dans sa version traduite, aborde la question de la religion, des croyances et du fondamentalisme. (Re)découvrez cet article issue du numéro 51 de TACK magazine ! CRITIQUE CINE - Scream 7 est au cinéma depuis le 25 février 2025. La célèbre franchise revient aux sources, dans un volet dénué d'originalité et d'audace. Un film problématique, de sa production à sa réalisation, qui s'enfonce scène après scène dans la médiocrité abyssale. Retour sur un naufrage artistique et industriel.