Afriques en vision : Regards croisés sur la 5e édition du festival des cinémas africains | TACK

2025-12-19

Afriques en vision : Regards croisés sur la 5e édition du festival des cinémas africains

Écrit par :

Gaïane Fritsch

Léopold Frouin

Du 27 novembre au 1er décembre, l’équipe de TACK a assisté à la 5e édition du festival bordelais Afriques en vision, organisé par l’Institut des Afriques, avec le soutien de nombreux partenaires. Durant ces cinq jours, nous avons été invités à décentrer notre regard sur les sociétés africaines, en découvrant les productions de nouveaux cinéastes du continent et des classiques peu diffusés (voire inédits) en salle. Retour, en équipe, sur cette manifestation d’une qualité à nouveau exceptionnelle, qui nous a réservé de nombreux coups de cœur !

 

Mi Okkitiri Adama (2025) de Mamadou Alpha Diallo

 

L'histoire : "Quand ma sœur Adama reçoit une demande en mariage, mon père me demande de participer en tant que frère à la contractualisation du mariage. De Bordeaux, je rentre au Sénégal avec ma caméra. Pendant mon séjour, j'en profite pour enquêter sur les mariages passés au sein de ma famille et m'interroger sur mon avenir et celui de mes jeunes petites soeurs"

 

Léopold :  Agréable surprise que ce court-métrage introductif de la séance d’ouverture de la 5e édition d’Afriques en vision. Mamadou Alpha Diallo revient dans son pays natal, le Sénégal, pour mener une enquête sur les mariages dans sa famille alors que sa sœur Adama vient de recevoir une demande. En découle une œuvre passionnante, qui interroge les coutumes encore prégnantes au Sénégal. Le tout est finement filmé par ce jeune réalisateur, avec le soutien de l’Université de Bordeaux-Montaigne. Un court-métrage qui trouve des échos directs avec le film Bal Poussière diffusé juste après.

 

Bal Poussière (1989) de Henri Duparc

 

L'histoire : Demi-Dieu, ainsi se nomme-il lui meme car seul maitre apres Dieu dans le village, decide pour harmoniser chaque jour de la semaine de prendre une sixieme femme. Il garde le septieme jour pour le repos ou la recompense de la meilleure d'entre elles. Mais voila que la nouvelle epouse, Binta, arrive de la ville !

 

TACK

 

 

Léopold Film d'ouverture de la 5e édition d'Afriques en vision, Bal Poussière est une agréable surprise. Le film a un excellent tempo comique tout du long, compensant un jeu d’acteurs pas toujours très juste. Si les premières scènes ne laissent présager rien de bon, Henri Duparc finit par trouver son rythme de croisière. Bal Poussière est un projet qui transpire la sincérité, et c’est certainement là, sa plus grande qualité. 

 

Il faut évidemment prendre Bal Poussière pour ce qu'il est, à savoir un récit satirique qui se moque gentiment des coutumes de la Côte d'Ivoire à l’orée des années 1990. C'est à plusieurs reprises borderline mais ça ne franchit (quasiment) jamais la limite. Toutefois, on pourra relever une certaine dichotomie de la part du réalisateur, qui cherche, d’une part, à bousculer les coutumes archaïques ivoiriennes, en y insufflant un vent de liberté pour les femmes en quête d’émancipation, mais qui, d’autre part, s’enfonce dans des poncifs malvenus. Un pas en avant, un pas en arrière. Ainsi, si Henri Duparc décide de filmer Binta, la très jeune sixième femme de Demi-Dieu, topless à la plage afin de montrer son insouciance et sa volonté de casser les codes du patriarcat, il rajoute des scènes superflues et purement gratuites, quand Binta prend sa douche, ou lors de la dernière scène du métrage. Il y avait là tout le potentiel de proposer une œuvre fondamentalement avant-gardiste, mais à cause de certaines décisions, Bal Poussière reste quelque peu à quai. 

 

Le film reste toutefois un moment fort plaisant, à la réalisation certes classique, mais efficace. Difficile de pleinement juger la photo du film car l’image n’était pas de grande qualité - avec beaucoup de grain-, malgré une restauration 2K de 2021. 


Bal poussière est un moment suspendu, qui tape la plupart du temps juste, mais qui ne va pas totalement au bout de son propos. Une excellente introduction à cette nouvelle édition d’Afriques en vision. Mention spéciale pour la fin, très drôle.

 

 

Salima : Le premier plan du film est mémorable : à l'image, Binta apparaît iconique dans un petit jean et un polo rose qui lui taille un peu grand. Ses cheveux crépus sont lissés et coiffés de façon ébouriffée, à la mode des années 1980. Elle s’allume une cigarette et arrête le taxi qui l'emmenera en soirée. Si le Bal poussière de Henri Duparc comporte des dissonances, il révèle une certaine harmonie entre son esthétique textile et architecturale et le discours qu’il veut partager. Le récit s’intègre dans le paysage d’un village ivoirien avec des infrastructures traditionnelles, naturelles, et une population qui fait vivre les rues par ses marchés et son artisanat. Les couleurs uniformes de la terre et de la verdure sont la toile parfaite pour faire ressortir les couleurs, les coupes et les imprimés des pagnes et des robes qui défilent tout au long du film. Pathé’O, styliste du film, est un styliste de renom, connu pour avoir travaillé les tissus africains en privilégiant l’artisanat et dans une volonté de briser l’image du pagne qui se porte dans un contexte de pauvreté, l’emmenant à destination des personnes aux métiers plus élevés socialement, par exemple. Cette révolution des traditions se retrouve aussi à l'intérieur postmoderne de la grande maison de Demi-Dieu. Ce design apparaît dans les années 1980 pour tourner à l’ironie l’architecture d’intérieur stricte traditionnelle, qui réduit les meubles à leur fonction, pour les rendre plus uniques, plus artistiques, dans une volonté de laisser s'exprimer l’individu, et plus uniquement la façon de vivre d’une communauté.

 

Demi-Dieu vit à une époque où les mœurs vont au changement, à tel point que sa propre maison a l’air de lui souffler qu’il est ringard, qu’il fait parti des meubles ironisés, car bien que Demi-Dieu soit rusé, il est constamment tourné au ridicule par son absurdité. Binta est à la convergence de deux styles vestimentaires. Tantôt tape à l'œil, à la mode des 80’s, tantôt plus respectueuse des traditions, avec des robes imprimées ou des pagnes. A travers le personnage de Binta, on fait voir la polygamie comme modèle matriarcal révolu par le sens moral mais encore légitimé socialement. Le film, son récit et son esthétique, nous en disent beaucoup sur le contexte social qui a vu naître Henri Duparc. Le réalisateur français, qui s’est tourné vers son pays d’origine qu’est la Côte d'Ivoire pour y fonder une famille, s’engage à dénoncer les dérives du système, bien qu’il soit lui-même imprégné de ses biais.

 

 

My Father's shadow (2025) de Akinola Davies Jr.

COUP DE ♥ DE SALIMA

 

Salima : Akinola Davies Jr, le réalisateur, et Wale, son frère, écrivent ensemble un scénario pour nous emmener à bord d’une longue journée avec leur père, qu’ils ont perdu lorsqu’ils étaient enfants. Dans ce film, ils reconstituent son portrait, avec ce qui leur reste de souvenirs et tout l'imaginaire de lui que leurs pensées ont fabriqué. Dans la mise en scène, tout est fait pour que le père, ainsi que la journée passée avec lui, se confondent à un rêve. Le récit se déroule en 1993, mais nous ne remarquons pas que les scènes sont filmées dans la ville de Lagos en plein 2025 tant notre champ de vision est soumis à la hauteur d’enfant que nous empruntons durant notre escapade.

 

Le principal enjeu du récit est la relation qui se tisse entre le père et ses enfants. En apprenant à connaître leur père, les frères forgent le lien qu’ils ont l’un avec l’autre. Le réalisateur n’a pas voulu d’une énième représentation du père africain dur et insensible, car ce n’est pas le souvenir que son père lui a laissé. La relation mise en scène est touchante par sa justesse, son réalisme. Les discussions entre père et fils sont tantôt banales tantôt profondes, toujours criantes de tendresse, mais toujours enserrées par le climat pesant du contexte politique qui surcharge l’environnement. À hauteur d’enfant, nous ne comprenons pas de suite l’enjeu de tout ce qui nous entoure. Mais Akinola Davies Jr réussit à tout nous faire ressentir parfaitement. Expérimenté dans la réalisation de clips pour des artistes hip-hop, sa photographie hypnotisante, dans ce qui paraît être un long clip de deux heures trente, réussit à transcrire le sentiment de perte que son frère et lui ont connu à la mort de leur père. A la fin du film nous sommes laissés là, entre l’envie immense que ce temps passé n’ai pas été un rêve, et la tristesse face à l’évidence que s’en était bien un : dans le réel, les moments de vies avec leur père ont été arrachés aux frères Davies.

 

Le film rappelle à quel point la montée de l’autoritarisme est un mouvement de bousculade qui déboulonne entre tous les corps qui s’aiment ou qui traversent simplement les mêmes rues. Et lorsque nous le croisons, il sculpte à son envie le chemin de nos vies, et  les plus intimes parts de nous. Nous, contraints d’avancer avec un réglage par défaut, avec des pièces manquantes, qu’il nous a confisqué, à jamais. Akinola Davies Jr a matérialisé la perte en photographie. Gros coup de cœur du festival !

 

 

Amakki (ta maman) (2025) de Célia Boussebaa - Première française

 

L'histoire : Niché dans les collines de Sidama où l’on cultive le café, Amakki déroule une histoire envoûtante. Les vies de deux femmes et de deux enfants convergent et divergent, créant une mosaïque poétique de féminité. Chaque chapitre respire les mélodies de la joie et de la tristesse, tandis que le film transcende le temps, capturant les fils complexes qui lient ces femmes et leurs enfants.

 

TACK

 

 

Gaïane Célia Boussebaa nous propose un portrait de femmes en Ethiopie dans la région caféière de Sidama. Le film en 4 chapitres suit le parcours des différentes figures de la famille, de la plus petite à la doyenne, et adopte toujours une caméra juste, à l'œil presque scientifique sur leur vie. Tour à tour dans les yeux de la benjamine puis de l'aîné, nous percevons le monde à travers leur regard, un regard où les hommes sont flous, où seules comptent leur mère et leur grand-mère. Célia Boussebaa déploie une fresque non pas sur une ferme de café mais bien sur ce microcosme féministe, qui par son existence même défie l’ordre masculin que ce soit le conseil des ainés, le voisin ou le mari. Le rendu, tout en étant digne d’une enquête sociologique, est touchant et intime, porté par des femmes ambitieuses et indépendantes.

 

 

Camionneuse (2025) de Meryem-Bahia Arfaoui

 

L'histoire : Zina, petite, rêve de conduire des camions. Adulte, elle quitte son Algérie natale pour réaliser ce rêve. Aujourd'hui, elle embarque chaque semaine dans sa cabine de semi-poids-lourd pour le transporter d'un bout à l'autre de la France. Désormais camionneuse, Zina travaille dans ce milieu routier qui évolue dans une dimension singulière. Sa place est toujours à gagner, toujours à prendre. 

 

TACK

 

 

Gaïane : Camionneuse n’est pas un documentaire comme un autre, c’est un véritable dialogue entre Zina et la caméra, la réalisatrice et le public. Elle nous narre son quotidien, ses rêves, son ambition à sillonner les routes du Canada, ses ami.e.s en France dans un collectif féministe, une ferme, sa famille en Algérie. Le film est loin d’être le parcours d’une camionneuse mais surtout le journal intime d’une vie. La personnalité unique de Zina perce l’écran par son dynamisme et sa persévérance. Le film est inspirant et rassembleur, unifiant deux rives dans une seule et même histoire.

 

Yeelen (1987) de Souleymane Cissé

 

L'histoire : Suivant la tradition bambara, un jeune homme s'apprête a recevoir le savoir destiné à lui assurer la maîtrise des forces qui l'entourent. Cependant, le père du jeune Nianankoro voit d'un mauvais oeil son fils devenir son égal, aussi, sa mère le jeune homme. Au cours de ce voyage initiatique, Nianakoro va apprendre à tester ses forces et ses pouvoirs, qu'il devra inévitablement confronter à ceux de son père.

 

TACK

 

 

Gaïane : Yeelen est une épopée malienne pour laquelle il faut se préparer : à être dépaysé et à ne pas comprendre. Pour toute personne souhaitant le visionner, une notice d’emploi doit l’accompagner pour saisir certains aspects mythologiques, notamment décrypter les symboliques de la fin. Sans des recherches sur le sujet, l’histoire risque d’être hermétique à la logique et la raison. Cela dit, le film n’en est pas moins captivant par sa magie, sa nature sublime, ses personnages attachants. Certains plans ont toutefois accusé le coup du temps et souffrent de quelques clichés. Néanmoins, il reste à voir pour tous ceux voulant découvrir de nouvelles légendes, loin de nos contes habituels, et plongez dans un classique qui a introduit le cinéma du continent africain dans de nombreux festivals, tel que le Festival de Cannes, et plus globalement sur la scène internationale.

 

 

The Nights still smells of gunpowder (2024) de Inadelso Cossa - Première française

 

L'histoire : Trente-deux ans après la guerre civile au Mozambique, Inadelso Cossa retourne dans le village natal de sa grand-mère pour explorer les traces du passé et révéler les histoires enfouies. 

 

Léopold : Il m’est difficile de parler de The nights still smell of gunpowder, tant ce film m’a laissé sur le côté. Fondamentalement, le documentaire d’Inadelso Cossa est passionnant sur bien des points, notamment sur son traitement éclairé et sincère de la guerre civile au Mozambique d'il y a 32 ans. Ce film-poème nous entraîne dans la mémoire de la grand-mère du réalisateur, dans un jeu d’onirisme et de réalité. En l’état, le film aurait pu être des plus passionnants. Mais Inadelso Cossa, par cette œuvre dichotomique, finit par nous perdre. Le film prend son temps dans l’exposition des souvenirs de la grand-mère, quitte à étirer plus qu’il ne le faut son récit. Tout est surligné, comme cette idée, au départ brillante, de capter le son, les cris d’une terre meurtrie, via une perche de cinéma. Le procédé revient encore et encore, et finit par lasser. Tout est trop long. On ne sait jamais où le métrage veut nous amener.

 

Sa plus grande force ne dure que quelques minutes à peine, lorsque Inadelso Cossa montre des images d’archives à l'écran, d’une puissance évocatrice. Il y en a malheureusement que trop peu, dûe à cette guerre terrible, mal documentée. Mais ce sont ces bouts du passé qui marquent le plus, éclipsant des témoignages peu mis en scène. Si les mots sont durs, le filmage est fondamental pour accompagner le propos...

 

Toutefois, si cette critique possède une consonance négative, il faut la replacer dans un contexte occidental, en l’occurrence français. Je ne pense sincèrement pas être la cible du film, du moins en l’état. Je suis en effet trop peu au courant des circonstances de cette guerre civile mozambicaine, et certains éléments m’ont certainement échappé. Je pense que The nights still smell of gunpowder trouvera plutôt écho auprès de celles et ceux concernés par cette tragédie, qui pourront voir en ce documentaire un moyen de comprendre et de panser les plaies du passé. Le film, davantage destiné à la mémoire locale, n’en reste pas moins difficile d’accès par sa mise en scène, et certaines limites ne peuvent être retirées.

 

 

Rising up at night (2025) de Nelson Makengo 

 

L'histoire : Kinshasa, capitale de 17 millions d'habitant.e.s, est plongée dans l'obscurité et l'insécurité, et ses habitant.es luttent pour avoir accès à la lumière. Dans une quête incessante, Kudi mobilise les résident.e.s de son quartier pour acheter le câble volé afin de rétablir l'électricité à temps pour les fêtes de fin d'année. 

 

Salima : C’est par le son d’une voix que s’innicie le récit, lorsqu’à l’image il n’y a que le noir complet. La voix d’un homme croyant, proclame qu’un don de lumière est un don de bonheur au sein d’un foyer ; que Jésus est là où la lumière est.

 

L’absence de lumière courante dans les rues et les domiciles est vécue comme une tragédie par les habitants de Kinshasa, que Nelson Makengo suit avec sa caméra. Cette dernière ne nous distancie jamais de l’état d’esprit des personnes à l’écran. Elle s’agite quand les discussions sont plus vives, tremble quand la frénésie des prières s’empare des corps désemparés par la nuit sans fin, et que le son de violons grinçants se superpose aux sons réels. Le film débordant de sombreur nous donne à contempler toutes les sources de lumières qui se proposent à nos yeux. La caméra se calme, lorsqu'il faut les contempler. En se servant de la composition du décor comme élément de séparation, Nelson Makengo a tendance à créer des sortes de split screen naturels, sans montage. Une source de lumière, abritée dans l'une des moitiés de l’écran est alors mise à l'abri. Ces “faux split screen” font également ressortir la cohésion de la communauté lorsqu’elle est rassemblée dans l’une des moitiés de l’écran, et donc, opposée à l’autre moitié qui se compose essentiellement de nuit. L’opposition visuelle reflète  l’affrontement réel entre le peuple et la sombreur, alors un peu personnifiée, en antagoniste. 

 

Personnellement, le film à réussi à me transporter dans un tout petit séjour au sein de familles congolaises. Il nous fait découvrir une facette d’un pays qui, dans son ère postcoloniale, est encore frappé par des instabilités politiques intra et interétatiques, et où la violence subie par la population de certaines régions du pays, notamment à l’Est, peut dépasser la révoltante absence d’électricité. Les personnes qui “se lèvent la nuit” tout au long du film, se montrent soudées, élaborent des plans, se soutiennent et prient. Ce documentaire est un témoignage de leurs moments. Leurs moments de résilience, leurs moments chaleureux, leurs fêtes. Les moments qu’ils créent éclairent Kinshasa quand l’électricité ne le fait pas.

 

 

La séance court-métrage, vue par Gaïane

 

Alazar de Beza Hailu Lemma : Dans une contrée éthiopienne loin de tout, aride où seule rient les hyènes, vit une communauté éparse régie par le religieux. Alors quand le père défunt d’une des familles 

disparaît de sa tombe, presque tout le monde croit au miracle. Ce don de Dieu impose exige reconnaissance et piété anéantissant toutes perspectives en dehors du chemin de la croyance en la terre des ancêtres. Alazar nous dépeint le portrait d’une certaine Ethiopie rurale et les carcans de la religion… en tout point instructif. 

 

Pie Dan lo de Kim Yip Tong : Magnifique court-métrage animé racontant l’épisode d’une marée noire sur une des côtes de l’île Maurice et comment la solidarité régionale a sauvé la jetée et la couronne de corail. Ce court-métrage nous rappelle qu’une telle catastrophe ne touche pas seulement l’environnement mais l’identité des individus y vivant. En détruisant la terre, elle ravage aussi l’histoire de peuples. 

 

Mme Faiza et Dr Love de Anissa Daoud : Dans une cité parisienne, Mme Faiza prend enfin son destin en main : elle se reconvertit pour devenir la première sexologue de son quartier. Décision qui fait jaser, elle n’en reste pas moins fidèle à son rêve et nous transporte avec elle au cours de ces rendez-vous de réalités amoureuses complexes et touchantes. Ce court-métrage garantit à tous des rires et de la bonne humeur.

 

Samba Infinito de Leonardo Martinelli : COUP DE ♥ COURT-METRAGE GAIANE

Leonardo Martinelli rend hommage au fantastique et à son pays, le Brésil. Nous parcourons les souvenirs d’enfance des carnavals de Rio d’un éboueur dont sa sœur est décédée jeune. A la fois énigmatique, transcendant, magnifique et tendre, Leonardo Martinelli nous convie à cette fête et nous rappelle qu’elle est plus qu’une démonstration de couleurs chatoyantes, qu’elle est avant tout identitaire, résistante et nostalgique. Samba Infinito est officiellement mon coup de coeur de cette session court-métrage. 

 

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L’occasion de revenir avec eux sur les débuts de leur carrière, leurs influences artistiques, leur rapport avec le public ainsi qu’aux réseaux sociaux. Place à l’entretien ! FICTION - Dans une contrée oubliée de tous, un village ne connait pas le malheur, ni l’histoire. Ses habitants vivent dans un éternel présent prospère qui n’envisage pas de passé ou de futur et ne connait en aucun cas un dieu… jusqu’au jour où la terre ne les abreuve plus de ses fruits, où le sol se désertifie, où la pluie se tait dans les feuillages. Toute une société doit s’organiser, se réinventer pour répondre au besoin urgent de la faim qui menace de tuer. Après nous avoir enchanté en 2024 avec son premier projet, "Des nœuds et des vœux", Gat revient sur le devant de la scène avec l’EP "gatordali", composé de six titres. Découvert au mois de mars, à l’occasion de sa release party à l’Archi Pop Records de Bordeaux, le nouveau projet du rappeur au bandana est disponible pour tout le monde depuis le 8 mai 2026... et il risque bien de vous accompagner tout l’été ! En quelques sons, Sahëlie s’est imposée comme la voix émergente à suivre en 2026. Présente dans la sélection des Inouïs lors de la 50e édition du Printemps de Bourges, elle a conquis les cœurs des spectateurs, de par sa musique aux notes d’afro-pop et de soul. Le 6 mai 2026, l’artiste a dévoilé son premier EP, Rodéo, un cinq titres organiques et intimes. Nous l’avons rencontré et avons discuté avec elle de son rapport à la scène, de l’émotion de ses textes, de sa collaboration avec Awir Leon. Quatre livres qui éprouvent la moralité de nos sociétés, interrogeant notre regard et notre opinion sur ce qui est habituellement condamné alors que éthiquement acceptable et sur ce qui est couramment consenti alors que fondamentalement pernicieux. Quatre livres qui nous invitent à combattre les injustices dissimulées dans les banalités de notre quotidien que ce soit dans la maison de Charlotte et Dolores Haze, à scruter la vie de Dorian Gray, à embarquer dans des aventures abracadabrantes parmi les Crows ou dans les couloirs de la Maison Biscornue. Habitué du festival queer et féministe Cinémarges, le réalisateur Stéphane Gérard était à nouveau au rendez-vous cette année, dans le cadre d'une soirée hommage consacrée à Lionel Soukaz, figure majeure du cinéma LGBT, décédé en 2025. TACK était présent à cette soirée événement et a rencontré Stéphane Gérard, pour un entretien autour de l’héritage de Lionel Soukaz, la construction du film "Artistes en zone troublés" et l'importance de festivals comme Cinémarges aujourd’hui, dans notre époque troublée politiquement. CRITIQUE CINE - Alors que les Palestiniens sont soumis à un “effacement identitaire et culturel”, selon les mots de la chercheuse Lola Maupas, le nouveau documentaire de la réalisatrice israélienne Anat Even, Collapse (Effondrement), remontre aux yeux de tous le génocide en cours à Gaza, dans une approche critique et dissidente. Elle expose des points de vue nouveaux, questionne les représentations de la guerre israélo-palestinienne, la portée des images. Au cinéma le 6 mai 2026. Du 17 au 19 avril, des centaines d'auteurs se retrouvent et des milliers de dédicaces ont lieu sous la verrière du Grand Palais. Le Festival du Livre de Paris, c'est le rendez-vous annuel de tous ceux qui font et qui aiment les livres : lecteurs, éditeurs, auteurs, influenceurs, journalistes. Une grand-messe de la littérature qui attire toujours plus de monde. En 2026, le record est battu. Pour sa première dédicace au Festival du Livre de Paris, une jeune autrice découvre l'envers du décor : l'adrénaline des allées, le trac du face-à-face avec ses lecteurs, et une rencontre inattendue qui donne enfin un sens concret à des années d'écriture solitaire. Orlane, chanteuse, autrice et compositrice belge, impose sa voix dans le paysage musical francophone, de par son engagement, son authenticité, ses messages. Les sonorités sont souvent teintées d’électro-pop, au service de paroles abrasives. Orlane délivre des messages, revendique sa sexualité, questionne la place de la femme dans la société actuelle. Dans cet entretien, nous sommes revenus avec elle sur la genèse de ce morceau à la DA affirmée, sur sa participation à l’Exposition universelle d’Osaka, sur l’évolution de sa carrière d’artiste. Place à l’interview ! À 26 ans, Steve Ibrahim dévoile avec L’Oiseau bleu une musique intime, à la croisée de la folk, de l’indie et de la pop alternative. Formé entre l’église et le conservatoire, il revendique une écriture sincère, nourrie de mélancolie, de souvenirs familiaux et de questionnements existentiels. De Paris à Londres, jusqu’au Burkina Faso où il tourne ses clips, l’artiste explore une création instinctive, presque thérapeutique, pensée d’abord pour lui-même mais dans laquelle chacun peut se reconnaître. De Gladiator à Ben-Hur en passant par 12 Years a Slave et Beloved, les films sur la thématique de l’esclavage sont souvent de franc succès au cinéma car mettant en scène des révoltes dignes d’un combat entre David et Goliath où le personnage, malgré sa souffrance, se forge une figure héroïque dans le meilleur des cas ou de martyr dans le pire. D’où vient ce genre ? Pourquoi certains écrits comme "La case de l’oncle Tom" sont plus problématiques que "Douze ans d’esclavage" de Solomon Northup ? Pourquoi y a-t-il si peu de témoignages féminins ? La musique de Eya Patterns est créatrice de couleurs. Une fois les premières notes jouées, elle devient orange, bleue, violette. Le voyage débute, doucement, et nous amène dans des contrées sensorielles, là où la nuit et le jour se rencontrent. Le premier projet de l’artiste, composé de six titres et sobrement intitulé "Eya Patterns", est une odyssée sensitive, remplie de mystères. Musique de l’élégance, cet EP est un grand coup de cœur. À l’occasion de la 50e édition du Printemps de Bourges Crédit Mutuel, nous avons rencontré la chanteuse britannique Summer Pearl. Entre jazz, reggae, néo-soul et hip-hop, elle façonne une musique organique et habitée, nourrie par Londres et ses vibrations. Avec outmysystem puis The Interlude, elle explore spleen, colère et identité. D’où vient son inspiration ? Que prépare-t-elle pour la suite ? Elle nous répond sans filtre dans cette interview. Trois ans après l’album Let’s Talk, le groupe Colours in the street revient sur le devant de la scène avec un projet de l’intime, tout en singularité : Insomnie. Pour la première fois, le quatuor réalise une œuvre totalement en français, ajoutant une profondeur intérieure saisissante. La musique est pop, percutante, sensible. Une odyssée charnelle et temporelle à découvrir au plus vite ! CRITIQUE CINE - Drunken Noodles se regarde comme un patchwork, une toile où s’emmêlent plusieurs histoires. Celles-ci se divisent en actes, au cours desquels le spectateur remonte dans la vie d’Adnan, jeune étudiant, et ses différents amants. Au cinéma le 22 avril 2026. CRITIQUE CINE - Didy de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors est un film d’une profonde sensibilité et sincérité, qui évoque, par l’intermédiaire d’un récit personnel, une histoire universelle sur les ravages burundais et rwandais dans les années 1990. Diffusé lors de l’édition 2025 du festival bordelais Afriques en vision, le documentaire a enfin droit à une sortie nationale ce mercredi 22 avril. CRITIQUE CINE -Caravane par Zuzana Kirchnerová raconte le road trip d’une mère, Ester, et de son fils David, atteint d’une déficience intellectuelle. Ils partent pour l’Italie rejoindre des amis et profiter de vacances méritées. Après un événement, la famille se retrouve exilée dans une vieille caravane au fond du jardin. C’en est trop pour Esther. Ni une, ni deux, ils partent sur les routes italiennes, où ils font la rencontre de Zuza, jeune routarde sans préjugés. Elle embarque avec eux, formant un trio inattendu, entre joie fragile et désir de liberté. CRITIQUE VOD - Honey Don’t ! est la nouvelle réalisation d’Ethan Coen, qui revient en solo après Drive-Away Dolls (2023). Pensé comme le 2e volet d’un triptyque thématique, le film met à nouveau en scène Margaret Qualley, dans une comédie noire, queer, déjantée. Elle incarne une détective privée qui enquête sur le meurtre d’une femme, qui aurait des liens avec une secte. Si le résumé de Honey Don’t ! offre un terrain de jeu propice au style d’Ethan Coen, cette comédie noire et satirique se perd en chemin et s’embourbe dans un gloubiboulga narratif incompréhensible. CRITIQUE CINE - Après le décevant Une année difficile (2023), film contemporain au propos poussif, le duo Olivier Nakache / Eric Toledano nous revient avec une belle proposition, entre nostalgie et humour. Juste une illusion est la comédie coup de cœur de ce printemps. En salles le mercredi 15 avril 2026.