2026-04-22
Entretien avec Summer Pearl, la Voix de Londres
Écrit par : Léopold Frouin, Lucie Dublanchet et Noémie Sulpin
A l’occasion de la 50e édition du Printemps de Bourges Crédit Mutuel, nous avons rencontré Summer Pearl, une artiste britannique à la voix ensorcelante. Sa musique, profondément organique, mélange les genres musicaux : jazz, reggae, néo-soul, hip-hop. L’artiste nous emmène dans un voyage sensoriel avec en son centre Londres et ses quartiers remplis de groove. Elle nous raconte, dans des morceaux à la texture unique, l’intériorité du spleen, la colère d’une femme noire en Grande Bretagne, la société dans sa pluralité. Après nous avoir enchanté avec son projet outmysystem (2023), Summer Pearl est revenu en 2025 avec l’EP The Interlude. Comment l’inspiration lui vient-elle ? Quel sera la suite de sa carrière d’artiste ? The Interlude annonce-t-il un futur album ? Réponse dans cette interview !
L'ENTRETIEN
Dans votre musique, vous chantez l’état du monde et votre vie personnelle. Comment reliez-vous l’intime à l’universel ?
Je pense que mon écriture reste universelle, même lorsqu’elle part d’un message très personnel. Chacun traverse des expériences similaires, à sa manière. C’est sans doute pour cela que les gens s’y reconnaissent et que le lien se crée assez naturellement.
Dans votre chanson The End Game, vous chantez : « then just give me a mic and a pen and I’ll drop it ». Est-ce le reflet d’une attitude artistique ?
Oui, d’une certaine manière. Cette phrase traduit l’idée que, quoi que je traverse, je peux le dépasser en l’écrivant, en le chantant et en le libérant à travers la musique. C’est une façon artistique de dire que je peux tout faire avec un micro, un stylo et un carnet.
Quel est votre processus d’écriture ?
Il commence toujours par une expérience : il faut que je vive quelque chose, que je le pense et le ressente, avant de pouvoir l’écrire puis l’interpréter. Mais ce processus n’est jamais figé. Chaque performance fait évoluer le morceau, car je n’interprète jamais une chanson de la même manière. Mon état d’esprit change, donc la musique aussi. Il m’arrive même de créer sur scène, de laisser émerger de nouvelles choses. Parfois, tout part d’un texte, parfois d’une mélodie, et parfois simplement d’un moment de silence où je laisse venir les idées.
Pour vous, la musique est-elle une forme de thérapie ?
Oui, absolument. C’est même essentiel. Je suis quelqu’un d’assez timide, malgré l’assurance que je peux dégager sur scène. J’ai du mal à parler directement de choses personnelles ; je dois passer par l’écriture pour les exprimer. La musique est donc, pour moi, une véritable forme de thérapie.
© Printemps de Bourges
Le court documentaire outmysystem raconte l’histoire de votre première mixtape. Est-ce une manière de mesurer le chemin parcouru ?
Oui, complètement. En replongeant dans mes archives, j’ai réalisé que j’avais travaillé sur ce projet pendant huit ans. Cela m’a frappée. Le fait de revoir ces images a aussi été une expérience presque thérapeutique, car cela m’a permis de constater mon évolution. Le montage et la production, que j’ai assurés moi-même, ont renforcé ce moment de réflexion personnelle.
Le film documentaire est très cinématographique. Le cinéma est-il une source d’inspiration ?
Pas directement. En revanche, j’apprécie beaucoup le format documentaire. Aujourd’hui, tout passe par les réseaux sociaux, où les contenus sont très courts et superficiels. On voit une image, une légende, mais on ne connaît pas réellement l’artiste. Les films permettent d’aller plus loin, de mieux comprendre les personnes.
Quels types de chansons ou d’artistes vous font vous sentir vivante ?
Il y en a beaucoup. J’aime particulièrement Erykah Badu, dont chaque chanson me touche profondément. Même les morceaux les plus tristes peuvent procurer ce sentiment, parce qu’ils nous rappellent que d’autres ont vécu des choses similaires. Des artistes comme Billie Holiday, mais aussi James Brown, Prince ou Michael Jackson, me font ressentir cela. Plus largement, c’est la musique elle-même qui me fait me sentir vivante, au-delà d’un titre ou d’un artiste précis.
Le titre The Creator est-il pensé comme un hymne, compte tenu de sa puissance ?
Oui, en partie. Je suis la créatrice de cette chanson, mais je pense aussi que nous avons tous une origine commune. Cette idée rend le morceau universel. On peut donc le voir comme une forme d’hymne, qui s’adresse à chacun.
Après l’interlude, l’histoire continue. Que laisse présager ce projet pour la suite ?
Je suis encore en train de le vivre. Certaines chansons sont en cours, et la prochaine étape devrait être un album. Je n’en ai pas encore sorti, donc tout reste à construire.
Pourquoi avoir choisi le titre The Interlude ?
Parce qu’il s’agit d’une pause, comme un entracte dans une pièce ou une comédie musicale. C’est un moment de transition avant de commencer un nouvel ensemble, en l’occurrence l’album à venir.
Interview réalisée au Printemps de Bourges Crédit Mutuel, le vendredi17 avril.
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