2026-05-11
L’exil de l’ascète
Écrit par : Gaïane Fritsch
Par une nuit, sous des étoiles oubliées du temps, dans une vallée dont le nom nous est désormais inconnu, existait un village. Cette frêle cité, depuis totalement détruite, était peuplée par une centaine d’âmes vivant en vase clôt comme si au-delà de leur forêts et leur rivières, la terre s’arrêtait. Ils n’étaient ni pauvres, ni prospères, ils vivaient simplement parfois hantés par la sous nutrition mais jamais jusqu’à parler de famine. Ils n’avaient connu aucune réelle épidémie, ni conflit. Les habitants ne pensaient pas naître dans un havre de paix mais leur condition ne les portait pas à migrer non plus. Ils se contentaient du camouflage des branches, des persiennes des feuilles et des torrents clairs.
Leur vie n’ayant jamais rencontré la moindre misère, ils ne connaissaient aucun Dieu. Leur ataraxie n’était pas un privilège mais un fait et ils ne pouvaient imaginer la douleur. Par conséquent, nul besoin avaient-ils de prier pour leur rêve ou pour la miséricorde, ils pérennisaient leur héritage humblement.
D’ailleurs, il est presque faux de parler d’héritage car ils n’avaient pas de notion d’histoire. Aucun trouble ne venant les tourmenter, ils ne connaissaient pas le pressent besoin d’archiver, de commémorer ou d’expier un évènement. Ils oubliaient hier et n’envisageaient pas demain. Aussi, nul ne sait lorsque leur quotidien fut bouleversé mais ce souvenir commun de la première tragédie marqua le début de leur histoire :
La pluie ne vint plus. Le soleil s’étirait, de plus en plus lasse de ne pouvoir se reposer, aspirant jusqu’à la dernière goutte le nectar des fruits. Dans son sommeil de plomb, il s’abreuvait des rivières qui se tarissaient, son ronflement chaud brûlant les bêtes qui périssaient. Les habitants commencèrent à s'émacier en espaçant les repas. La famine, cette fois, s'abattit et une solution devait être apportée.
Pour la première fois depuis l’émergence de leur ville, un conseil des citoyens fut réuni - c’est d’ailleurs en cette même occasion que put être dénombrés les habitants du comté -. Au départ, le silence régna car nul n’osait prendre la parole, n’ayant jamais affronté pareille foule jusqu’à ce que la voix d’un enfant se délia, demandant ce que l’audience muette attendait : qu’une goutte tombe ?
Le père leva la main pour frapper son impertinence mais la femme du voisin l’arrêta :
- “Cette enfant a raison”, déclama t-elle, “Ne devions nous pas trouver une solution et nous voilà, hagards à se dévisager comme si la réponse se trouvait dans les pupilles d’un autre. Si aucun de vous n’ose proposer une voie de survie, alors je garde la parole. Je m’appelle Lucie, je vis en bas de la colline, près de l’arbre tordu se balançant au dessus du cours d’eau, celui au sujet duquel vous mettiez en garde vos enfants de jouer de peur qu’ils se noient et dont aujourd’hui, on ne craint rien, l’eau étant devenu peu profonde. Je vis à l’extrémité du village alors je connais une solution. Je sais qu'au-delà de notre montagne, il y en a une autre et qu’au-delà de celle-ci, je devine l’ombre d’une seconde, que dans leur vallée, bien que je ne le sache pour assuré, existe peut-être des villages comme le nôtre.”
Personne ne rit de son hypothèse qui, quelques années plus tôt aurait été perçue comme une histoire à dormir debout mais désormais, cette pensée avait effleuré la plupart des habitants.
- “Lucie, mon nom est Ahmed mais tu me connais déjà, je suis un de ceux qui viennent t’acheter tes gâteaux en échange de mes bijoux. Je t’ai entendue et j’approuve tes paroles sensées. Je me porte même volontaire pour ce périple. Libre à ceux qui veulent se joindre à moi.”
En finissant sa phrase, il saisit son sac en peau de mouton et le hissa sur son épaule. Il ressemblait à un baluchon fournit d’un attirail complet de voyage. Tout le monde acquiesça et d’autres qui étaient venus avec de similaires besaces s’en allèrent. La foule venait d’être réduite d’un tiers. Le reste se regarda, de la pitié dans les regards mêlée à de l’espoir. Ils s’en retournèrent chez eux sans qu’une autre parole soit prononcée.
Un mois s’écoula lorsque les voyageurs revinrent, pour ceux qui avaient survécu. Un d’eux, franchissant les portes de la ville, croulant de fatigue, fut saisi par une poigne ferme et mené au chevet de sa femme bien aimée qui expira quand elle l’aperçu dans l’embrasure de la porte. Elle était enceinte et la nourriture étant trop rare, elle n’avait pas pu nourrir elle et l’enfant qui avait logé en son sein. Son amour démesuré avait tenté de donner les nutriments nécessaires à la survie de leur amour. Malheureusement, sa dévotion ne pouvait réaliser de miracle pour deux et l’enfant de plus en plus gaillard dans des entrailles s’amenuisant, blessait les parois du ventre. Son abdomen était celui d’une guêpe gonflée de venin tandis que ses bras et jambes étaient des aiguilles piquantes presque aussi blanches que les os. Elle mourut sous le drap, à la fois, brindille et rocher.
Son mari frappa violemment la porte dont le battant vola pour se cogner contre le mur. Par ce bruit fracassant, il aurait voulu effrayer la mort mais celle-ci connaît trop bien les hommes pour prendre peur. Elle avait déjà enlevé la femme et sa fille et s’était éclipsée entre les jointures de la fenêtre. Dans la lumière obscurcissant les ténèbres, le mari s'avança. A chaque pas, il s’affaissait de chagrin prenant conscience que la main qu’il baiserait dans le lit serait traîtreusement chaude, d’une tiédeur moite qui ment. Il arriva, rampant, embrassant chaque doigt de son épouse comme il l’avait tant fait auparavant. Il peignait avec ses lèvres ses petits ongles bleus souhaitant les revigorer en leur insufflant la chaleur de son âme mais il n’y parvint pas.
Le mari pleura trois nuits et trois jours. Au premier jour, il pleura pour laver les membres de sa défunte épouse. Au crépuscule, il se lamenta lorsqu’elle fut inhumée, imaginant déjà le corps qu’il avait aimé être avalé par une terre sèche et sans vie. Contrairement aux funérailles passées, le temps ne promettait plus de retrouver la douceur d’une peau dans les fleurs qui jaillissent du repos. Au petit matin du troisième jour, il sanglotait dodelinant de la tête ivre de fatigue et de douleur. Il ne bougea pas tout ce jour-ci, recroquevillé dans le lit où elle avait rendu l’âme pour s’imprégner de ses dernières fragrances.
A minuit, lorsque le jour pâme pour laisser place au suivant, il se leva brusquement du chevet vide en entendant les pleurs de son voisin. C’était les cris du deuil qui tintaient encore dans une maison du village. Ce hurlement déchirant sonna comme une alarme le tirant de sa torpeur. Il se résolut de chasser la mort et la famine qui la précédait. Durant les heures qui s’écoulèrent, il énuméra les différents moyens à sa disposition pour défendre sa ville du voleur de vie et la maudissait à chaque mot pensé.
Maudire fut son premier acte de piété. Il n’avait jamais souhaité avant quoique ce soit car il n’avait jamais douté de ses capacités et si celles-ci lui faisaient défaut, il n’en accusait pas le hasard. Pour la première fois, il affrontait un ennemi invisible dont il se savait insignifiant. Maudire était sa première prière. Sa seconde prière fut adresser à sa femme car tout en injuriant la cause de ses souffrances, il embrassait chaque souvenir de son aimé. Il parlait au fantôme de son épouse.
En discutant avec sa femme, il affirmait tout ce qu’il ne pourrait jamais plus vivre avec elle, tous les silences qui auraient du être comblés. En appelant son âme, il voulait ses yeux pour voir le monde. Communiquer avec son épouse constituait le second souhait.
Un vœu invoque une force inconnue qui contribue à sa résolution, que ce soit un hasard malheureux ou un vent saint. L’amant endeuillé chemina jusqu’à la conclusion logique de l’existence d’un être supérieur.
Rappelons que son village jusqu’alors ne connaissait aucune divinité et avait vécu dans une absence totale de spiritualité. Il fut le premier qui, par deux souhaits, aboutit à l’inévitable existence d’un Dieu.
Le premier croyant du village, car c’est bien ce qu’il était, s’accommoda à cette divinité sans forme. Si l’Inconnue - c’est ainsi qu’il le nomma en premier - l’avait condamné au malheur, il devait s’en trouver une raison. La première qu’il souleva fut l’absence de reconnaissance du village envers les terres fertiles qu’ils avaient toujours connues mais il douta de cette cause car l’impiété de ses proches auraient pu les conduire à cet enfer bien plus tôt. Ainsi, l’ignorance de l’Inconnue n’était pas le péché qui les avait conduits à leur déchéance. Il se tourna vers d’autres horizons. Les doyens ne contribuèrent pas à élucider ce mystère car ils n’avaient connu que la félicité de leur contré et lorsqu’il leur évoquait le concept de l’Inconnue, ils tressaillaient d’avoir pu ignorer et négliger l’existence de pareille force. Plus le premier croyant pénétrait dans les demeures de ses voisins pour chercher quelques causes de leur misère, plus il butait à une insondable racine. Cependant, son entreprise, faute d’avoir identifié la source de la famine, répandit l’idée de Dieu.
Le soir, lorsque l’heure se teint de bleu et abrite les femmes et hommes de la chaleur, lorsque les hommes se glissent de l’ombre de leur maison pour celles des arbres, le village se rassembla et la femme la plus âgée éleva sa voix gutturale et autoritaire
- “Je connais bien l’Inconnue bien que je ne lui avais pas extrapolé une telle importance. Il est le torrent qui sillonne en amont de notre vallée. En me promenant par son bras d’eau, je le surprenais à me gazouiller les réjouissances de la jeunesse. Aujourd’hui, il se tait à mon passage, c’est qu’il doit nous tenir coupable de l’avoir délogé de son lit pour irriguer nos champs.”
Quelques femmes hochèrent la tête, d’autres plus sagaces, haussèrent les sourcils, douteuses. L’une d’elle répondit, de cette condescendance affective que l’on adopte envers les enfants :
- “Grand-mère, la rivière gronde un peu moins, certes, mais elle ne s’est pas tu pour autant. Marche sur le pont de pierre et tends l’oreille, tu percevras nettement le galimatias qu’elle échange avec la truite et le saumon. Ce n’est pas elle qui nous a jugé, sa nature est souple et elle aime s’adapter à nos fermiers qui la guident dans leur rigoles. Je l’observe souvent bondir jusqu’aux pieds de mes enfants qu’elle enrhume - pas méchamment - en hiver.”.
A cette défense convaincue, une petite fille énonça hésitante d’une voix fluette :
- “C’est les fleurs les coupables, elles ne pleurent plus le matin.” et elle s’éclipsa comme une voleuse lâchant la parole qu’elle avait dérobée.
Tout le monde fixa le lieu où elle avait disparu. Certaines femmes esquissèrent un sourire devant cette imagination poétique jusqu’à ce qu’une autre reprit le flambeau abandonné :
- “C’est le soleil, l’inconnue. Il noircit nos murs, craquèle nos terres et brûle nos récoltes. Je ne sais pas pourquoi il nous a maudit de sa chaleur mais je sais que c’est de son fait.”
Personne ne la contredit car chacun récemment portait les stigmates de cet astre colérique. L’absence de tout argumentaire n’offrait aucune réfutation possible alors l'acquiescement fut général. Le premier croyant surprit cet assentiment commun. Il ne donna pas son opinion et conserva la hauteur qu’il avait acquise depuis que Dieu lui avait été révélé comme si sa nouvelle conviction trouvée en un être supérieur l’élevait vers ce dernier. Il leva la main pour réclamer l’attention de l’attroupement nocturne :
- “ Mon peuple, désormais que nous croyons tous en l’Inconnue, nous mourront de ne pouvoir lui plaire. D’ailleurs, pouvons nous seulement le satisfaire si nous ne savons rien de lui. Heureusement, nous avons été bénis de femmes intelligentes qui lisent les plis du monde. Si l’Inconnue est la sphère rougeoyante qui aridifie nos champs alors j’irais lui parler. S’il n’est pas cette entité, alors je partirais en quête de la vérité. Je sais que vous avez perdu certains des fils et des filles qui ne sont jamais revenu de notre premier périple mais autorisez moi cette réclusion dans la grotte de la plus haute des montagnes, moi qui n’est plus de famille mais seulement ma foie et je redescendrai, la réponse à nos tourments gravée dans les lignes de la main.”
Ainsi, l’homme quitta une seconde fois son village pour gravir le mont le plus proche de l’astre roi. N’ayant plus d’enfant et d’épouse, il n’emporta aucun regret.
Après des jours et des nuits sans sommeil, d’une léthargie constante, son esprit portant son corps à travers vallées et fleuves, il arriva presque inconscient au balcon de la plus grande crête. Elle se dressait comme une dent déchaussée parmi la couronne de montagnes et semblait vouloir manger le ciel. Il s’abandonna instantanément aux songes. Le premier croyant, désormais ascète de son fait, méditait à la manière de discuter avec l’Inconnue. Celui-ci ne lui répondit pas les jours qui vinrent. Il persévéra et établit un monologue qui se rapporte dans d’autres contes. Cet échange, qui finalement n’en était pas encore un, nourrissait l’âme entière de l’homme qui n'eut besoin que de boire à l’eau qui perlait sur son front et à la fourmi qui courrait sur ses lèvres. Le temps s’abstint d’interrompre ses suppliques et son absence au village devint une banalité dont plus personne ne se chagrinait.
Depuis le départ de l’ascète, le soleil déclinait de plus en plus tôt. Ses méfaits s'espaçaient tant et si bien que durant deux semaines, aucune lamentation de deuil ne résonna dans le village. C’est le silence des hommes qui réveilla l’espoir. Les veilleurs commencèrent à se réjouir à demi-mot des améliorations qui embrassaient leur demeure. Ils n’osèrent pas encore en sourire, de peur d’attirer le mauvais œil mais tout le monde comprenait le bonheur de l’autre. Lorsque la première pluie vibra sur les cordes de la peau, ils ne retinrent plus leur joie et se précipitèrent sous ses doigts humides. Aussitôt le soir même, un homme entre mille exclamations de renaissance évoqua l’ascète qui n’était pas là pour assister au miracle.
- “C’est lui qui nous a rapporté l’orage.” affirma une femme.
Une autre rétorqua :
- “n’avait-il pas dit que l’eau coulerait du livre de ses mains ?”
- “Peut-être que cela ne se fait pas ainsi.”
Tout le monde s'entendait louer son exil pieux.
Les jours et semaines suivantes, les intempéries se succédèrent. L’harmonieuse entente des deux éléments semblant être revenu, les habitants ne craignirent plus de supputer les plus folles théories au sujet de l’apaisement de leur quotidien. Bientôt, une domina toutes les autres pour s’implanter comme la seule vérité : “L’exil du veuf avait rapporté l’équilibre saisonnier. De plus, sa femme avait péri et ses parents étaient désormais morts de vieillesse. Il ne comptait plus aucune famille proche. Leur maison avait été abandonnée dès lors et personne n’osait s’en approcher par respect puis par crainte que le mal y est vécu. La catastrophe avait frappé depuis le décès des parents. Peut-être y avait-il eu vilenie dans leur disparition soudaine, ayant pu entraîner le couroux de l’Inconnue ? N’avait-il pas abandonné sa femme alors enceinte ? Pourquoi cette fuite ? Personne ne voulait plus le retour de l’ascète car ils se persuadèrent que son ostracisme était finalement une condamnation méritée.”
Le pêcheur, ainsi était le sobriquet venimeux que lui avait affublé le village, revint un jour de sa réclusion. Il ne trouva que portes closes, quolibets et une maison décrépite. Il se retira, coupable.
Tableau : Agar dans le désert, Camille Corot, 1835, Metropolitan Museum of Art, New York.
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