2025-03-11
Au pays de nos frères : la réalité des réfugiés afghans en Iran, entre survie et résilience (grand format)
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Au pays de nos frères est un film puissant qui évoque en trois chapitres le sort de l’immigration afghane en Iran. Dans l’ombre de l’invasion américaine, dans les années 2000, une famille élargie de réfugiés tente de reconstruire sa vie dans un territoire qui ne veut plus d’elle. Une odyssée sur trois décennies où Mohammad, un jeune étudiant prometteur, Leila, une femme isolée, et Qasem, qui porte le poids du sacrifice pour sa famille, luttent pour survivre à ce nouveau quotidien incertain, dans « le pays des frères ».
Après avoir été dévoilé au Festival du film de Sundance 2024 dans la Compétition World Cinema Dramatic, Au pays de nos frères débarque dans les salles françaises le 2 avril 2025. Entre-temps, le film des réalisateurs iraniens Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi a remporté le Prix du jury professionnel, du jury étudiant et du public lors de l’édition 2024 du Festival International du Film d’Histoire de Pessac (FIFHP). C’est à cette occasion que nous avons découvert cette œuvre haletante où règnent les thématiques de la survie, du mensonge, de l’espoir, à travers trois récits saisissants s’entrecroisant en 2001, 2011 et 2021. Depuis ce visionnage, le film n’a eu de cesse de grandir en nous et il est désormais temps de poser des mots sur ces images. Retour sur un coup de coeur aussi percutant que nécessaire.
Les origines de la migration afghane en Iran
Pour comprendre toute la dimension politique de ce film, il est important de remonter dans le temps et de comprendre les tenants et aboutissants de l'exil afghan en Iran. Le 17 avril 1978, marque l’arrivée au pouvoir par un coup d’État du régime marxiste de Mohammed Taraki et du Parti démocratique du peuple d’Afghanistan (PDPA). Des mesures à l’encontre de l’ordre religieux et de l’ordre social vont entraîner la colère et la résistance populaire du peuple afghan. En décembre 1979, les Soviétiques envahissent le « carrefour de l’Asie » afin de maintenir l’ordre dans le pays et de soutenir le pouvoir en place. À la vue de cette situation et au nom de la fraternité islamique, « le nouveau gouvernement iranien a ouvert les bras aux Afghans déplacés. » L’Iran accueillait déjà des migrants afghans et irakiens depuis des décennies, suite au boom pétrolier iranien et à la sécheresse de l’Afghanistan de 1971-1972, ayant entraîné une grande famine. Cette migration est facilitée par le partage d’une langue commune (le farsi) et d’une religion (l’islam chiite).
Émigrés afghans © La revue de Téhéran
Derrière l'accueil fraternel, les dérives iraniennes
L’Iran est un des pays signataires de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Cette dernière garantit le principe fondamental de non-refoulement, « selon lequel un réfugié ne devrait pas être renvoyé dans un pays où sa vie ou sa liberté sont gravement menacées. Ceci est désormais considéré comme une règle du droit international coutumier », comme il est indiqué sur le site de l’UNHCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Bien que l’ayant ratifié, l’Iran a « émis des réserves sur les articles 17 (emploi rémunéré), 23 (secours public), 24 (droit du travail et sécurité sociale) et 26 (liberté de mouvement). Selon le droit international, ces quatre articles ne créent donc pas d’obligation juridique pour l’Iran qui ne les considère que comme des recommandations. » Cette décision « permet simplement à l’État en question de justifier toute omission future vis-à-vis de telle ou telle disposition particulière. » Si les réfugiés afghans peuvent travailler, ils sont majoritairement dirigés vers des métiers difficiles, que les Iraniens ne veulent pas.
Les Afghans sont dans l’obligation d’accepter et de subir cette situation puisqu'ils doivent avoir un permis de travail pour rester dans le pays (au contraire des Irakiens, par exemple). Cette reconduction, payante pour les Afghans de 18 à 60 ans, s’effectue durant l’Amayesh, un enregistrement périodique leur permettant de renouveler leur carte de séjour. De plus, comme l’explique Safinaz Jadali dans l’article L’Iran, pays d’accueil (2015) :
« Les réserves de l’Iran sur l’article 26 de la Convention de 1951 restreignent la liberté de mouvement des réfugiés, qui sont tenus de vivre dans les endroits désignés par les autorités iraniennes. S’ils souhaitent se déplacer, ils doivent en informer les autorités et obtenir un laissez-passer. Ils sont également tenus de travailler dans leur zone de résidence, qui peut être si restreinte qu’il leur est difficile d’y trouver un emploi. »
Si, en théorie, les réfugiés afghans profitaient depuis leur arrivée dans l’ancienne Perse d’avantages sociaux (accès à l’éducation, aux soins médicaux, à l’emploi), la réalité montrait un tout autre visage de cette aide. Dans les années 90, selon le Consortium international pour les réfugiés en Iran (ICRI), « on pouvait observer dans de nombreuses habitations d’Afghans une pauvreté manifeste, une sous-nutrition, et de sérieux problèmes sanitaires ou de santé. » Avec les difficultés économiques de l’Iran, le chômage augmenta fortement et « les réfugiés commencèrent à être harcelés par les autorités iraniennes. » Entre 1992 et 1994, nombre de réfugiés afghans se virent confisquer leur papier d’identité, obligeant certains d’entre eux à rentrer au pays malgré la guerre civile. Les autres obtinrent des permis temporaires, souvent d’un mois.
« Dans certains cas, ces permis temporaires pouvaient être renouvelés en échange d’une somme d’argent substantielle, mais seulement un mois à la fois », expliquent Fariba Adelkhah et Zuzanna Olszewska dans l’étude Les Afghans iraniens (2006).
La situation se détériore encore plus à la suite de la conquête de la plus grande partie du pays par les forces talibanes à la fin des années 1990, puis avec la campagne de bombardements menée par les États-Unis en 2001. Une association des droits de l’homme y observe alors un traitement de plus en plus hostile envers les réfugiés afghans (passage à tabac, racket, expulsions collectives). La violence est le quotidien des camps et des pressions sont exercées pour leur faire quitter le pays d’accueil. En 1999, environ 100 000 Afghans sans papiers seront expulsés d’Iran, selon l’organisme United States Committee for Refugees. Les chiffres seront par la suite exponentiels. De 2005 à 2015, c’est environ cinq millions d’Afghans qui ont été expulsés vers leur pays d’origine. À noter, toutefois, que la République islamique d’Iran est l’un des rares pays à faire bénéficier les réfugiés d’une assurance médicale aux mêmes conditions que ses propres citoyens, depuis 2015.
© Mohsen Karimi / AFP
La montée progressive de l'afghanophobie de la société iranienne
Les médias français font écho depuis 2021 d’un sentiment anti-afghan qui ne cesse de monter sur le territoire iranien, entraînant la multiplication des expulsions. Il commence aujourd’hui à atteindre des points de non-retour. Les tensions sont exacerbées par la crise économique traversée par l’Iran et le Pakistan, et par la vague migratoire liée à l’arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021. Selon Didier Chaudet, cité par France Culture :
« L'afghanophobie est réelle dans ces deux pays : le réfugié afghan est perçu comme un "compétiteur économique" que les populations locales rejettent assez violemment. Un schisme anti-afghan s'est construit et a fait l'objet d'un usage politique dans des journaux associés à des partis. »
Reza Jafari, « porte-voix des migrants afghans », aujourd’hui exilé en France, raconte au journal La Croix avoir subi les brimades des Iraniens « qui considéraient que nous les Afghans n’étions bons qu’à nous battre. » En 2022, Courrier international rapporte que « les ressortissants afghans installés en Iran ne peuvent plus utiliser la carte bancaire dont ils bénéficient en tant qu’étrangers. » Cette situation ne leur permet plus de se procurer du pain. RFI a recueilli en 2024 le témoignage de Sarif, un ouvrier agricole afghan sans papier, qui déclarait avoir été empêché d’acheter du pain car « quelqu’un est venu protester » et a « appelé la police ».
En 2023, L’Union européenne souhaitait « améliorer la protection des Afghans dans la région pour éviter des mouvements secondaires » (comprendre « éviter une vague migratoire »). L’Institut français des relations internationales rappelle toutefois que « cette stratégie est vouée à l’échec si l’Union européenne reste sur une seule approche humanitaire et n’ouvre pas un dialogue politique, juridique et de développement avec les pays limitrophes de l’Afghanistan ».
Le 6 mai 2024, le ministre iranien de l'Intérieur, Ahmad Vahidi, a déclaré que le pays avait expulsé plus de 1,3 million d'Afghans au cours des douze derniers mois.
Depuis la fin des années 1970, plus de 8 millions d’Afghans ont fui leur pays, en guerre constante, en direction des pays voisins, principalement l’Iran et le Pakistan. Aujourd’hui, l’Iran accueille plus de 5 millions d’Afghans en exil.
Les visages comme tableaux d'émotions
Au pays de nos frères de Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi dépeint subtilement la réalité des réfugiés afghans en Iran, leur peur d’être renvoyés à tout moment hors du territoire, où règnent guerre et misère. Pour beaucoup, la vie ne tient qu’à un fil et le quotidien est une survie permanente. Une tension palpable se dégage des trois chapitres embrassant trois époques, trois saisons, trois lieux différents. Le tout servi par les interprétations poignantes de chaque acteur (certains n'étant pourtant qu'amateurs), où le silence en dit parfois plus que les mots ; les visages comme tableaux d’émotions.
Dans la première histoire, on suit Mohammad, qui se fait arrêter arbitrairement à plusieurs reprises par la police iranienne. La situation devient de plus en plus malsaine au fur et à mesure des interpellations. Le jeune homme subit la violence de sa condition et ne dit rien, acceptant un sort qu’il ne semble pouvoir éviter. Dans la deuxième histoire, sûrement la plus explicite, Leila doit cacher la mort de son mari lors des célébrations du Nouvel An, de peur d’être renvoyée en Afghanistan. Dans la troisième et dernière histoire, Qasem n’arrive pas à dire à sa femme le sacrifice de son fils en Syrie, pour qu’ils puissent être enfin naturalisés. La souffrance revient toujours, sous les traits de la honte, du dilemme, du mensonge. Le passage entre ces récits ne crée aucune rupture de tonalité, d’atmosphère, de style, grâce à de subtiles connexions narratives et une réalisation au diapason.
« Ça a été un challenge pour notre directeur photo qui devait (…) veiller à la cohérence narrative. Il nous a convaincu par une remarque lors de la préparation en nous disant qu’il trouvait que l’histoire de cette famille était si triste qu’il était nécessaire de la filmer de la plus belle manière possible. Cela s’est concrétisé par des changements de cadres, de durée de plans ou de paysages entre les différents chapitres, amenant une progression, comme par exemple celle entre les images hivernales du premier chapitre et celle plus printanières du second », révèle Alireza Ghasemi.
Au pays de nos frères n’apporte jamais de point final à ses histoires, préférant laisser en suspens l’espoir possible à l’horreur prévisible. Cette bascule, positive ou négative, n’est jamais montrée à l’écran, comme si elle pouvait intervenir après-coup, durant les ellipses, ou à la fin de la séance, une fois les lumières de la salle rallumées. Les réalisateurs veulent faire marcher l’inconscient des spectateurs et conserver la dignité des personnages, loin des clichés véhiculés.
Une situation afghane kafkaïenne
Le film ne cherche pas à faire entrer le spectateur dans une approche voyeuriste ou misérabiliste, mais préfère se recentrer sur la réalité telle qu’elle est. Si les réalisateurs changent de point de vue à chaque nouvelle époque, la démarche reste la même : montrer comment la discrimination anti-afghane crée des situations injustes, de vie ou de mort. Elle montre aussi que, malgré les décennies passées, la condition des réfugiés afghans ne s’améliore pas, voire se dégrade. Si les médias occidentaux mettent en avant une afghanophobie exponentielle depuis 2021, les dérives s’observent bien avant.
À l’occasion du FIFHP, Raha Amirfazli est revenu sur le choix de montrer à l’écran trois facettes différentes du sujet et la dimension politique de la situation actuelle afghane :
« Le film aurait pu contenir dix chapitres tant il y a d’histoires comme celles-ci. Ces histoires se répètent tellement qu’elles finissent par être normalisées. Le sort des Afghans n’est pas du tout une priorité pour le pays. Quand on veut en parler, on nous rappelle qu’il y a d’autres priorités qui vont passer avant. Finalement, on peut qualifier la situation des Afghans en Iran de kafkaïen : ce qui arrive à cette population est aberrant, mais on fait comme si tout était normal. »
Deux mondes, entre vie et survie
Les réalisateurs composent chaque plan en y apportant profondeur et symbolique, comme cette image ci-dessus extraite de la deuxième histoire du film, centrée sur Leila, une domestique afghane au service d’une famille iranienne. Incarnée brillamment par Hamideh Jafari, ce personnage découvre avec horreur le corps sans vie de son mari dans la villa de ses employeurs, dont elle s’occupe au quotidien. Il serait mort d’un problème de santé qu’il portait en lui depuis un moment, sûrement causé par la fatigue du quotidien. La famille iranienne arrive pour fêter le Nouvel An et sera là d’un instant à l’autre. Par crainte de devoir retourner au pays, Leila va devoir faire des choix difficiles ; le mensonge pour survivre. Car qu’adviendra-t-il d’elle sans son mari, alors qu’elle travaille pour une famille iranienne de manière clandestine ? Dans un pays où le rejet afghan ne cesse de monter et de se montrer ?
Le plan montre le décalage entre deux mondes : le quotidien sous tension d’une réfugiée afghane, apeurée, angoissée, où la moindre faute, le moindre malheur peut bousculer, voire briser sa vie, en haut de la maison ; la bourgeoisie iranienne et sa prospérité, sa quiétude, son lâcher-prise, son quotidien fait de fête, d’argent, de bonheur, entourée d’amis et de sa famille, en bas de la maison.
Au pays de nos frères est un film qui, malgré des histoires douloureuses, tente d'apporter des notes d'espoir. La fraternité ancienne entre deux peuples voisins est rendue véhémente par les politiques et les médias, mais est-ce par là que doit aller le sens de l'Histoire ? Ce film est d'autant plus puissant qu'il trouve des résonnances dans le parcours des deux réalisateurs iraniens, comme l'explique Raha Amirfazl :
Alireza et moi savions que nous allions devoir quitter l’Iran. Nous ne voulions pas soumettre Au pays de nos frères au bureau de la censure, car le résultat aurait probablement compromis notre volonté de réaliser un film aussi honnête que possible sur la réalité de la vie de cette communauté afghane. Nous savions donc que nous allions devenir nous-même des réfugiés dans un autre pays et, dans une certaine mesure, que nous allions devoir nous confronter à une réalité potentiellement similaire, en nous retrouvant dans la même position que nos personnages.
Les films sur la société iranienne se succèdent dans nos salles obscures. En 2024, Les graines du figuier sauvage a été un succès retentissant en France, et en début d'année, Mon gâteau préféré a conquis les cœurs. Si Au pays de nos frères est une réussite à tous les niveaux, une pensée douce amère persiste. Car comme les films cités précédemment, il ne sera certainement pas visible, en l'état, en Iran, où la censure fait rage. Les principaux concernés sont donc exclus de ces réflexions cinématographiques. Un jour, peut-être, une liberté totale sera dévoilée dans les salles de cinéma de Téhéran et d'ailleurs, et les films seront partagés, entre frères.
Sources
Adelkhah F. et Olszewska Z., 2006, « Les Afghans iraniens », Les études du CERI.
Akrami Z., 2022, « En Iran, les Afghans privés de carte bancaire et de pain », Shargh traduit par Courrier International.
Birchem N., 2020, « Reza Jafari, porte-voix des migrants afghans », La Croix.
France 24, 2024, « Ghettos, affrontements et xénophobie : le quotidien des réfugiés afghans en Iran ».
France Culture, 2021, « Afghanistan, des Soviétiques aux talibans ».
L’équipe du HCR de Téhéran, 2018, « Un système d’assurance-maladie innovant pour les réfugiés en Iran », UNHCR.
Jadali S., 2015, « L’Iran, un pays d’accueil », Hommes & migrations, 1312.
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