Teenage Sex and Death at Camp Miasma : Le slasher sous acide de Jane Flannery Schoenbrun | TACK

2026-09-11

Teenage Sex and Death at Camp Miasma : Le slasher sous acide de Jane Flannery Schoenbrun

Écrit par : Léopold Frouin © MUBI

La sortie en salles (puis en streaming) de Teenage Sex and Death at Camp Miasma de l’autrice-réalisatrice Jane Flannery Schoenbrun est un des événements de cette rentrée cinématographique. Fort d’une photographie à en faire décrocher la mâchoire, d’une écriture stimulante, d’une iconisation de personnages (Gillian Anderson en tête), le long-métrage, vrai-faux slasher, au propos résolument queer et moderne, est la claque que l’on avait toutes et tous besoin. Déconstruire la figure de la final girl était un pari risqué, et le résultat est ô combien réussi. Le film est à découvrir dans plusieurs salles obscures françaises le 17 septembre, dont l'Utopia Bordeaux. Une séance exceptionnelle et unique organisée en partenariat avec l'association Cinémarges et les médias indépendants Le Type et TACK. 

 

Quand le désir devient une arme

 

Après avoir signé l'intriguant I Saw the TV Glow en 2024, Jane Flannery Schoenbrun revient avec une nouvelle proposition aussi audacieuse que déroutante : Teenage Sex and Death at Camp Miasma. Le film, distribué par le site de streaming Mubi, a électrisé la Croisette lors de sa présentation à Cannes au printemps dernier, en ouverture de la sélection Un Certain Regard. Il est même reparti avec la prestigieuse Queer Palm, succédant à La Petite Dernière d'Hafsia Herzi. Les rôles-titres du film sont tenus par de jeunes acteurs et actrices (dont l'incroyable Eva Victor, réalisatrice et actrice du bouleversant Sorry, Baby, sorti l'année dernière) et de la charismatique Gillian Anderson, éternelle Dana Scully de la série X-Files.  

 

L'histoire du film est passionnante et déjoue constamment les attentes du spectateur, qui se voit embarquer dans un trip aussi hallucinant que jubilatoire : Alors que la saga Camp Miasma peine à retrouver son public après une succession de suites décevantes, une jeune réalisatrice décide de relever le défi : redonner vie à cette franchise de slasher autrefois populaire. Pour préparer son projet, elle se rend chez l’interprète emblématique du premier volet, désormais retirée du monde et entourée de mystère. Cette rencontre va rapidement prendre une tournure inattendue, entraînant les deux femmes dans une spirale aussi troublante que sanglante, où se confondent attirance, terreur et visions hallucinatoires. 

 

Sexe, mort, désir, Bienvenue au Camp Misma...

 

TACK

© MUBI

Audace et excès

 

D'une grande puissance visuelle, Teenage Sex and Death at Camp Miasma pose un regard passionnant sur le genre du slasher, jouant sur des codes meta particulièrement captivants thématiquement. Il y a du David Lynch dans ce cinéma onirique, du Hitchcock, bien sûr, avec des références affirmées à Psychose (1960), et à la célèbre franchise de Jason Voorhees, Vendredi 13. Le film fait constamment référence à son propre dispositif et aux codes du genre, quitte à de temps en temps s'éparpiller scénaristiquement. Mais il parvient, malgré tout, à retomber à chaque fois sur ses pattes. Une gymnastique riquée mais pleinement exécutée. 

 

Si le film n'est pas toujours malléable avec son spectateur, il vient le chercher à plusieurs endroits (parfois de manière un peu trop fragmenté), comme dans sa thématique de transmission intergénérationnelle, dans son audace visuelle, dans son traitement sans détour de la misogynie hollywoodienne, présente frontalement dans nombre de films d'horreur (il suffit de voir les suites de Massacre à la tronçonneuse pour s'en rendre compte) ou encore dans l'influence des images chez les jeunes à l'ère numérique (désormais l'une de ses marques de fabrique, présente dans ses films précédents). Quand la fiction témoigne du réel. 

 

Sauvage, organique, émouvant, Jane Flannery Schoenbrun signe avec Teenage Sex and Death at Camp Miasma une œuvre généreuse, hypnotisante, parfois cauchemardesque, qui ne demande qu'à être vue sur grand écran. Et ça tombe bien, le cinéma Utopia Bordeaux organise une séance exceptionnelle, unique à Bordeaux, le 17 septembre 2026, à 20H15, dans le cadre du Ciné-marges-club, en partenariat avec l'association Cinémarges et les médias indépendants Le Type et TACK. Avant sa diffusion sur la plateforme Mubi, découvrez sans plus tarder, cet uppercut cinématographique dans les sièges rouges de l'Utopia. 

 

La page de l'événement : Ciné-marges-club #76 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma

 

 

 

TACK

2026-07-22

2026-07-20

2026-07-06

2026-06-04

2026-05-12

Ma rencontre avec Jacques Tati : Playtime (1967) Le Tombeau des lucioles, la guerre racontée à travers les yeux d’un enfant Nos premiers coups de cœur de la 54e édition du Festival de cinéma de La Rochelle Bouchra : Un récit de l'intime surprenant et inégal EP6 : Bilan Cinémarges, films Queer et The Drama Jacques Tati est un génie. Jérôme Deschamps dit de lui qu’il “(...) est le grand observateur des changements de la société, du désarroi de chacun pour y trouver sa place et tenter de faire au mieux, avec la meilleure volonté du monde, même s’il ne sait pas sur quel pied danser”. Les films de Tati ressortent au cinéma depuis le 15 juillet 2026, après avoir été diffusés en avant-première au Festival de cinéma de La Rochelle. C'est à cette occasion que j'ai "rencontré" Tati et son film à l'ambition démesurée : Playtime, sorti en 1967. Le 1er juillet, Le Tombeau des lucioles, d’Isao Takahata et du Studio Ghibli, s’est retrouvé pour la deuxième fois en salle de cinéma depuis sa sortie en 1996 en France. Trente ans après, le film n’a rien perdu de sa force : celle de raconter la guerre non pas à travers les bombes, mais à travers le regard d’une petite fille de 4 ans, trop jeune pour comprendre pourquoi son monde s’effondre, et de son frère de 14 ans, trop jeune pour porter seul la responsabilité de sa soeur. Entre lucioles éphémères et solidarité humaine qui vacille, revenons sur ce qui fait de ce film bien plus qu’un simple récit historique : une oeuvre qui, encore aujourd’hui, refuse de laisser la mémoire des guerres s’éteindre. La 54e édition du Fema, le Festival de cinéma de La Rochelle, s’est terminée après une semaine sous le soleil et une série de films de haute volée. Pour la première fois, TACK s’est rendu à cet événement unique, prêt à découvrir une sélection éclectique, en provenance des quatre coins du globe. Nous vous présentons aujourd’hui nos coups de cœur de cette semaine de projections ! CRITIQUE CINE - Bouchra est un film d’animation ambitieux réalisé par Orian Bakti et Meriem Bennani. Grand Prix de la Compétition internationale du FIFIB 2025, le long-métrage raconte l’histoire d’une femme queer entre New York et Casablanca. Il débarque enfin dans les salles obscures françaises le 3 juin 2026. Pari réussi ? Dans ce nouvel épisode, on revient sur The Drama avant de partager quelques-uns de nos films queer préférés, ceux qui nous suivent encore longtemps après le générique. On fait aussi un détour par Cinémarges , le festival bordelais LGBTQIA+ qui continue de faire vivre des récits, des imaginaires et des débats essentiels sur grand écran.