Bouchra : Un récit de l'intime surprenant et inégal | TACK

2026-06-04

Bouchra : Un récit de l'intime surprenant et inégal

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Bouchra est un film d’animation ambitieux réalisé par Orian Bakti et Meriem Bennani. Grand Prix de la Compétition internationale du FIFIB 2025, le long-métrage raconte l’histoire d’une femme queer entre New York et Casablanca. Il débarque enfin dans les salles obscures françaises le 3 juin 2026. 

 

Histoire de l'intime

 

Succès critique, Bouchra est l’OFNI de cette fin de printemps. Film d’animation en 3D, le récit raconte l’histoire de la réalisatrice Orian Bakti, dans un traitement visuel atypique. Bouchra est une jeune femme, ou plutôt un coyotte aux oreilles pointues, aux canines aiguisées et aux yeux de biche, qui vit à New York. Autour d’elle, d’autres animaux aux physiques humains interagissent. Ce parti-pris de mettre en scène des animaux anthropomorphes impose une unicité intrigante. Bouchra a un style vestimentaire branché (blouson de cuir, piercings), ce qui en fait directement un personnage captivant. Originaire de Casablanca, elle raconte sa vie amoureuse de femme lesbienne, alors que son identité queer au Maroc est étouffée, malgré un coming out effectué des années plus tôt, qui plus est dans un milieu social aisé. En attendant, dans son petit studio au cœur de La Grosse Pomme, elle essaie d’écrire un film, créant une mise en abîme directe avec Orian Bakti. Parviendra-t-elle à imposer son identité queer à sa mère ?

 

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© 2 Lizards Production

Des choix qui interrogent

 

Si son originalité (son animation, ses personnages mi-animaux mi-humains, ses thématiques) lui procure une singularité forte, elle interroge aussi à bien des égards. Le premier point concerne le choix fort d’utiliser des animaux anthropomorphes pour raconter cette histoire. A la fin du film, on ne comprend pas ce parti-pris qui n’apporte rien au récit, et on se demande si la réalisatrice, avec ce procédé, a voulu éviter de traiter frontalement cette histoire personnelle (ce qui nous détache de sa narration). Le constat est renforcé par une animation 3D fatigante, pas toujours très nette et agréable à l'œil, malgré la durée resserrée du film (1h23). Ce qui était le point fort initial du métrage en devient sa limite. Si la base de l’histoire est originale et intéressante (vivre son identité queer au Maroc), de par sa teneur intimiste, qui peut aussi parler à d’autres femmes, tout ce qui ne concerne pas la trame principale finit par quelque peu lasser. Dommage, car quand l'émotion devient intense et personnelle, l'histoire revêt un caractère profondément fascinant et prenant. 

 

La note : 2,5 ♥ / 5

 

Bouchra une histoire séduisante, parfois émouvante, qui parvient à aborder des thématiques avec une authenticité appréciable, quitte à laisser du monde de côté de par son audace visuelle perturbante et des choix scénaristique redondants.

 

Crédit photo image de couverture : © 2 Lizards Production

 

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