Trust : Carlson Young enferme Sophie Turner dans un film sans âme | TACK

2026-03-25

Trust : Carlson Young enferme Sophie Turner dans un film sans âme

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Trust était la petite curiosité de cette fin mars. Porté par Sophie Turner (Game of Thrones) et réalisé par Carlson Young, le film vaut aussi pour être un des derniers rôles de Peter Mensah, décédé depuis. Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances (c’est le moins que l’on puisse dire)… 

 

Pétard mouillé

 

Disponible sur Paramount +, Trust est un film au postulat classique mais engageant. Après un scandale médiatique, Kelly Marot (Sophie Turner), actrice d’une sitcom à succès, quitte Hollywood et se met au vert dans une maison isolée à la campagne. Sur place, elle va devoir affronter une bande de criminels. 


L’histoire vous attire ? Vous avez envie de revoir Sophie Turner, aka Sansa Stark dans GOT,  dans un film aux accents de thriller ? Passez votre chemin ! Si ce synopsis a des similitudes avec Panic Room de David Fincher, il n'en est qu'une vague esquisse, un vulgaire ersatz sans idée. Le film n’a absolument aucun rythme, aucune énergie, aucune profondeur. C’est un encéphalogramme plat du début à la fin. On passe la majorité du film à suivre Sophie Turner (qui se démène comme elle peut), coincée dans une pièce devenue piège, à essayer de sortir de là, alors que des criminels rôdent. Sauf que la tension ne monte jamais, même quand les dangers (factices) apparaissent. La construction du film est mécanique et incompréhensible : les lignes narratives paraissent artificielles et indépendantes les unes des autres. Rien n’est consistant et tout se résout de manière expéditive. Trust manque d’ampleur. Par exemple, au début du film, on apprend qu’un personnage a placé des caméras dans cette maison de campagne pour “surveiller” et capturer des images des visiteurs. Cette direction narrative n’est finalement qu’un prétexte pour que d’autres personnages aillent dans cette demeure et que Kelly, la star américaine de l’audiovisuel, se retrouve enfermée. Puis, on abandonne complètement cette idée et on passe à une autre. Même constat avec le scandale médiatique abordé au départ, qui n'est qu'une toile de fond à peine esquissée, à la résolution facile et caricaturale. 

 

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Sans âme

 

En plus de cette histoire de home invasion bas de gamme, Trust essaie, timidement et grossièrement, de parler du puritanisme américain et de la nuisance des réseaux sociaux. Il veut aussi évoquer, avec une maladresse problématique, l’emprise psychologique des hommes, ici dans le milieu audiovisuel. Mais là encore, le film ne développe jamais son propos et tout reste en surface. Sauf que la thématique est suffisamment profonde et importante pour qu’elle ne soit juste qu’une ligne narrative parmi d’autres. On a vraiment du mal à saisir le propos de Carlson Young, qui s’éparpille dans un gloubiboulga pénible. Au final, le métrage, en voulant aborder moult idées, notamment sociales, revêt un caractère prétentieux. Il ne réussit pas à en développer une seule correctement. Le marasme est prolongé par une réalisation à tendance arty, qui n’est qu’un cache-misère à une histoire en forme de coquille vide. 

 

Quelle tristesse, enfin, de découvrir que Trust est un des derniers films de Peter Mensah diffusé en France. Connu pour ses rôles iconiques dans Candyman et la saga Destination Finale, il trouve là un film qui n’exploite jamais son plein potentiel. Il apparaît après une heure de film, comme un cheveu sur la soupe. Alors qu’il devait être le jalon du climax, la fin du film n’est qu’un pétard mouillé (littéralement). Il ne s’y dégage rien. Il n’y a aucune âme. On a la désagréable impression que Carlson Young n'a pas réfléchi à sa fin. Tout se résout à vitesse grand V, dans une fainéantise exacerbée. La toute fin est même un crachat au visage du spectateur et la preuve indéniable d'un abandon artistique total. 

 

La note : 1 ♥ / 5

 

Si vous espériez voir en Trust un film ambitieux, avec des acteurs reconnus, il n’en est strictement rien. Fuyez, et évitez, comme votre cher rédacteur, de perdre 1h30 de votre vie. Cette critique, il est vrai sous forme d’exutoire, est le témoignage de la paresse et du je-m’en-foutisme des plateformes de streaming, Paramount + en tête. C’est juste un énième film pour remplir un catalogue et faire des vues : un piège destiné à d’innocents spectateurs attirés par quelques têtes de gondole… 

 

TACK

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