Retrouver les couleurs | TACK

2025-02-05

Retrouver les couleurs

Écrit par :

Je crois qu’il n’y a que deux jeux qui m’ont fait pleurer dans ma vie. Je ne suis pas une grande consommatrice de jeux vidéos, donc ce chiffre ne dit finalement pas grand chose. Mais j’aime les histoires. Notamment celles qui se passent de mots.

 

Gris est un jeu de plateforme 2D développé par le studio barcelonais Nomada Studio, et sorti le 13 décembre 2018 sur PC et Nintendo Switch. On y incarne une jeune femme, nommée Gris, qui se réveille au creux de la main d’une immense statue. La pierre s’effrite, se fissure sous ses pieds avant de tomber en morceaux, l’entraînant dans sa chute vers un monde sans couleurs. S'ensuit alors un voyage sublime et poétique, dont le but est de redonner vie à ce monde froid.

 

Beaucoup d’analyses et d’hypothèses sont nées autour du jeu, toutes autour d’une même idée : Gris est une métaphore du deuil. Chacun des cinq niveaux représente une de ses étapes, que la protagoniste traverse en ramenant peu à peu la couleur à sa vie. Elle apprend à avancer malgré les tempêtes, à remonter à la surface lorsqu’elle est allée trop loin dans les profondeurs. À travers une musique aussi douce que puissante et des décors semblant être peints à l’aquarelle, le jeu nous accompagne dans ce voyage métaphorique avec tendresse et subtilité.

 

J’ai la chance de n’avoir jamais connu le deuil. Pourtant, ce jeu a fait résonner quelque chose au fond de moi. Quelque chose que je n’attendais pas.

 

Je crois qu’au fur et à mesure que j’avançais, j’interprétais les choses à ma manière. Les décors ont pris la forme de mon monde intérieur, les statues que l’on croise tout au long du jeu sont devenues mes insécurités, mes peurs. Et Gris, c’était moi. Ou plutôt, la voix qui me console quand je vais mal. Celle qui prend soin de moi, qui fait preuve de patience et d’indulgence. Cette voix que j’entretiens, que je travaille chaque jour à teinter de bienveillance. En fait, ce jeu c’est un peu comme quand tu pleures et que tu te fais un câlin en te disant que ça va aller. C’est peut-être pour ça qu’il m’a autant touchée. Je ne suis pas familière avec le deuil, mais ce sentiment je le connais.

 

Entre le moment où j’ai commencé Gris et celui où je l’ai terminé, il s’est écoulé plus d’un an. Il s’était oublié dans une liste sans fin de tout ce que j’avais à faire et à penser. Et puis j’ai subitement eu besoin de le retrouver. De me réfugier dans ce monde qui reflétait le mien, de retrouver cette voix intérieure. De me dire que quoi qu’il arrive, où que je sois, je suis là pour moi. Et que ça ira.

TACK

2025-02-05

2025-02-05

2025-02-05

2025-02-05

Portrait de la jeune fille en feu Corps Ciselé L’intime autrement, quand l’architecture révèle nos désirs Fichue style, fichue histoire, un classique qui ne met pas tout le monde d’accord ! Dans *Portrait de la jeune fille en feu*, Céline Sciamma façonne un univers exclusivement féminin sur une île bretonne, où naît un amour lesbien entre une peintre, Marianne (Noémie Merlant), et son modèle, Héloïse (Adèle Haenel). Récompensé au Festival de Cannes et aux César, ce chef-d'œuvre déconstruit le *male gaze* en adoptant le *female gaze*, offrant une vision intime et respectueuse des corps et des désirs féminins. Sciamma sublime la sexualité et la relation peintre-modèle en célébrant l’art et l’égalité dans une approche féministe audacieuse et sans concession. Ce texte poétique explore le rapport intime et douloureux au corps, marqué par les traces du temps, des souvenirs et des blessures. À travers une quête de réconciliation, l’autrice invite à regarder son corps avec tendresse, à en faire un territoire de mémoire et de puissance, libéré de la honte et habité avec douceur. Explore la façon dont l'architecture reflète et amplifie des symboliques sexuelles et des rapports au corps, à travers des formes sensuelles et phalliques omniprésentes. Cette tendance, marquée par des œuvres comme celles de Zaha Hadid ou le Gherkin de Norman Foster, projette un imaginaire souvent hétéronormé, réducteur et hypersexualisé. L’Attrape-cœurs de J.D. Salinger est une œuvre emblématique qui suscite des avis tranchés. Certains le trouvent ennuyeux et dérangeant, d’autres le considèrent comme un roman marquant et réaliste. À travers les errances de Holden Caulfield, adolescent de 17 ans en quête de sens dans une société conformiste des années 1950, Salinger explore les thèmes universels de l’adolescence, de la perte d’innocence, et de l’isolement.