2025-06-02
Rencontre avec Amandine : entre chambre, cuisine et chanson pop
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Avec son premier EP Maison deux pièces, Amandine ouvre grand les portes de son univers : une pop douce et intime, chantée en français, qui parle d’émotions, de souvenirs et de moments du quotidien. Entre guitare, piano et voix sincère, elle nous raconte son parcours, de ses premières scènes dans son village jusqu’aux scènes ouvertes de Bordeaux.
Qui es-tu, en quelques mots ?
Je m’appelle Amandine, c’est aussi mon nom d’artiste, j’ai grandi dans un petit village pas loin de Toulouse. J’ai commencé en écrivant dans ma chambre et en participant à des petites scènes ouvertes dans mon village. C'était important de mettre des mots sur ce que je ressentais. Aujourd’hui, je décrirais ma musique comme de la chanson pop alternative. Ma voix est l’instrument principal ; guitare, piano, tout le reste vient en soutien.
La musique, c’est une affaire de famille ?
Grave ! Ma mère joue du saxophone, mon père joue un peu de la guitare… À la maison, il y avait toujours de la musique. On allait souvent à des concerts en famille, alors oui, je pense que ça m’a vraiment donné envie de créer à mon tour. Et puis j’ai de la chance parce que mes parents m’ont toujours soutenu dans mes projets.
As-tu remarqué un changement dans ta création musicale depuis que tu es à Bordeaux ?
Oui, clairement. J’ai quitté les cours de musique genre solfège pour commencer à apprendre par moi-même, et surtout, j’ai découvert les scènes ouvertes. C’était la première fois que je chantais quelque part sans être « encadrée ». J’ai d’abord repris des chansons, puis j’ai osé chanter les miennes. Petit à petit, j’ai intégré un petit réseau musical, participé à des tremplins… Et tout ça m’a donné confiance. J’ai compris que c’était ça que je voulais faire.
Tu dis avoir appris beaucoup seule. Comment ?
En rencontrant des gens, surtout. Les scènes ouvertes, c’est une mine d’or de talents. J’ai découvert plein d’univers, plein de façons de faire. C’est très formateur de voir quelqu’un te bouleverser avec juste une guitare. Et puis j’ai aussi beaucoup grandi personnellement à ce moment-là : j’ai quitté le cocon familial, vécu seule… Ça se ressent dans mes chansons.
Pourquoi avoir gardé ton prénom comme nom de scène ?
Parce que je parle beaucoup de moi, sans filtre. Mes chansons sont très intimes, donc je ne voyais pas l’intérêt de me cacher derrière un pseudo. Ça fait peur parfois, mais je trouve ça plus juste. J’ai vraiment envie d’être sincère dans ma musique et que les gens puissent comprendre qui je suis, c’est aussi pour ça que je chante en français.
Ton EP s’appelle Maison deux pièces. Pourquoi ce titre ?
Parce que mes chansons sont nées dans deux pièces principalement : ma chambre et la cuisine. C’est là que je me sens bien pour créer. Et au-delà du concret, cette maison représente aussi ma tête, un jardin secret, parfois ensoleillé, parfois dans les nuages. C’est un peu une métaphore de ma santé mentale.
Pourquoi un EP de six titres et pas un album ?
Parce que c’était déjà un gros défi ! Faire six chansons cohérentes, abouties, avec une vraie direction artistique, c’était ambitieux. J’ai préféré me concentrer là-dessus plutôt que de me disperser dans un album trop long. Et puis ce sont six chansons dont je suis fière.
C’est quoi, les galères d’une artiste indépendante aujourd’hui ?
Les réseaux sociaux, enfin, pour moi. C’est à la fois un outil incroyable et un enfer. Je me compare trop, je doute, je me perds parfois. Et puis il y a le financement : tout coûte cher. Mais j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont aidée, notamment pour les clips ou les visuels. J’ai compris que je ne pouvais pas tout faire seule, et que collaborer, même si c’est flippant au début, enrichit vraiment le projet.
Comment tu composes, est-ce que tu as un rituel ?
Tout commence dans ma chambre, avec mon piano. J’expérimente, je cherche des accords, des mélodies, puis des mots. Parfois tout sort d’un coup, parfois ça prend des mois. J’ai appris à écouter le temps que les chansons demandent.
Et l’écriture, c’est quand tu veux ou quand ça vient ?
Un peu des deux. L’impulsion vient toujours spontanément, mais après, je bosse. Et bosser avec Adrian, mon compositeur et ingé son, m’a aidée à structurer ça. On se fixait des sessions studio, et on avançait.
Tu t’inspires de quoi ?
De ma vie. Beaucoup de souvenirs, de sensations, de moments de doute ou de joie. C’est une sorte de journal intime musical. Parfois, j’écris en réaction directe à une émotion. D’autres fois, je plonge dans mes souvenirs, comme pour Merci pour les fraises.
Une chanson qui t’a surprise ?
Rue de la colline ! Je ne pensais pas l’inclure dans l’EP, je l’avais mise de côté. Puis je l’ai fait écouter à Adrian, et il m’a dit : « Mais elle est trop bien, celle-là ! ». Finalement, elle a trouvé sa place. Parfois, on n’a pas le bon recul sur ce qu’on crée. Et c’est pour ça que petit à petit j’arrive à déléguer. Après, bien sûr, il faut le bon entourage, mais là-dessus j’ai pas mal de chance.
Qu’aimerais-tu que les gens retiennent en écoutant ton EP ?
Que c’est une bulle. Un endroit doux, un peu nostalgique, pour s’évader. Et aussi l’idée qu’on n’a pas besoin d’être parfait pour créer. Je ne suis pas toujours pile, juste, il y a des moments où, quand je réécoute mes chansons, y a des choses qui me dérangent… Mais c’est ça aussi, la sincérité.
Tes projets pour la suite ?
Une tournée ! Même toute petite. Aller jouer partout en France, toucher d’autres oreilles, partager tout ça sur scène. J’adore le live, c’est là que tout prend sens. Et à long terme, pourquoi pas monter mon propre label, entourée d’artistes femmes, pour créer un espace cool et bienveillant.
Et si tu devais donner un conseil à la toi d’il y a quelques années ?
Arrête d’attendre que les choses viennent à toi. Va chercher les opportunités. Rien n’arrive tout seul. Tu dois manifester ta chance. Le jour où j’ai commencé à provoquer les opportunités, tout a changé. Il faut croire en soi, vraiment.
Maison 2 pièces
Assise sur un banc
Merci pour les fraises
Elle rêve
Rue de la colline
Tisane
Remis
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