2025-05-21
Rencontre avec Flo Laval, réalisateur de Rap Odyssées
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Le rap bordelais bouillonne, et c’est précisément cette énergie que capture Rap Odyssées, un documentaire qui plonge dans le quotidien de quatre artistes locaux. Pour en parler, nous avons rencontré son réalisateur, qui nous raconte la genèse de ce projet, ses défis, et les questions universelles qu’il soulève.
Pour commencer, pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours et de votre arrivée chez Far West ?
Je n’ai pas fait d’études de journalisme ou d’audiovisuel. J’ai fait une fac de communication à Bordeaux. Après la fac, j’ai un peu voyagé et j’aime bien raconter que mon premier boulot a été de vendre des téléphones portables Nokia sur les marchés au Sénégal. J’ai travaillé dans différents domaines. Je me suis intéressé au foot, notamment sur le continent africain, et de fil en aiguille, j’ai fait des projets sur le foot africain, notamment un grand voyage en Afrique du Sud pour la Coupe du monde sur des projets documentaires. Ça m’a donné envie de faire des documentaires. À la fac, j’avais déjà co-créé avec des potes une association de cinéma à Bordeaux qui s’appelle Kino-session, qui est encore assez dynamique. À partir de 2011, j’ai commencé à vouloir faire des films. J’ai fait plein de choses différentes, j’ai beaucoup voyagé au début.
Quand j’ai créé Far Ouest avec mon pote Fred Dio, nous avions envie de raconter des histoires près de chez nous, avec des gens de chez nous. Le projet Rap Odyssées s’inscrit dans cette logique : on se disait qu’il y avait un truc qui bouillonne dans le rap chez nous à Bordeaux, et on avait envie d’en parler.
Justement, comment est né le projet Rap Odyssées ?
Chez Far Ouest, on avait envie de parler de rap. On cherchait un peu, on a essayé différentes formules, différents angles. On est très proches du Rocher de Palmer, qui est un gros partenaire, et j’ai une amie programmatrice là-bas, Zoé, qui me racontait la difficulté à suivre le bouillonnement de la scène rap, la quantité incroyable de nouveaux artistes et de genres qui apparaissent sans cesse. C’est ce genre de remarque qui montre qu’il y a "un truc".
Personnellement, je me suis construit musicalement avec le rap des années 90 et un peu 2000, mais j’ai eu un gros trou après. Quand je m’y suis replongé pour le film, j’ai trouvé ce foisonnement incroyable. Dans les années 90, il y avait quelques figures majeures, mais aujourd’hui, dire "le rap" n’a plus de sens, il y a tellement de genres et d’artistes différents qu’on ne peut même pas connaître tout le monde. C’est fascinant. Comme le dit Julien Michel dans le film, "ça n’a aucun sens de dire que tu n’aimes pas le rap, tu n’aimes pas la musique".
Je dis souvent que lorsque j’ai présenté le projet à France 3, ils m’ont demandé pourquoi je voulais faire ce film. J’ai répondu : "Pourquoi vous ne l’avez pas déjà fait ?". Comment se fait-il qu’il n’y ait pas encore de film sur France 3 parlant du rap avec une scène aussi bouillonnante ? C’est frustrant de voir que les cultures hip-hop et rap, même si elles sont les plus écoutées et streamées en France, sont sous-représentées dans l’agenda médiatique et le débat public. C’était une évidence pour moi qu’un tel film devait exister sur France 3 et France Télévisions.
Aviez-vous cette ambition de faire des films documentaires, notamment sur des cultures populaires comme le rap, dès votre jeunesse, ou est-ce venu plus tard ?
Jeune, je ne m’autorisais pas à rêver de faire des métiers ou des projets qui me faisaient vraiment envie. J’ai mis du temps à comprendre qu’à la fin de mes études, il fallait que j’essaie de faire ce qui me faisait rêver dans la vie. J’ai trop souvent été logique en me disant quelle est la bonne formation pour quel métier, quel est le bon débouché… J’avais l’impression qu’il y avait une vie "sérieuse" avec les études et le boulot, et qu’on ne pouvait rêver que le week-end. À la fin de mes études, je me suis dit : "Non, ce n’est pas ça que je veux". Je veux juste faire ce qui me plaît. Évidemment, cela demande des conditions matérielles, et dans un milieu très pauvre, cela aurait été beaucoup plus difficile. Mais je me suis dit que j’allais essayer de faire ce que je voulais avant tout. Comme le dit Orelsan, en gros, je ne travaille pas, je m’amuse. Quand je fais ces films, je ne travaille pas, je m’éclate.
Cela semble idéal, mais vous mentionnez aussi une période de "galère". Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, entre le moment où j’ai pris cette décision et le moment où je pouvais vraiment faire les films que je voulais, il s’est passé 6 à 7 ans de galère. Après avoir compris que je voulais faire ce type de projets, je suis devenu intermittent. Je passais beaucoup de temps à faire de la régie ou de l’assistanat sur des plateaux de cinéma plutôt qu’à faire mes propres films. Il m’a fallu ces années pour pouvoir vivre en tant que réalisateur de films documentaires, et non plus comme intermittent assistant régie qui fait des films le soir ou le week-end.
Et qu'est-ce qui a permis ce basculement ?
C'est la ténacité. Je n'ai rien lâché. On écrit un film, ça ne marche pas, ça se casse la gueule, on en écrit un deuxième, un troisième, un quatrième. Parfois, un projet qu'on a mis du temps à écrire est jeté à la poubelle parce qu'il ne se fait pas. Il faut juste continuer à en écrire un autre. C'est de la ténacité, il ne faut pas lâcher.
Pour Rap Odyssées, le bouillonnement de la scène rap est indéniable, mais il y a aussi une quantité d'artistes immense. Comment avez-vous choisi de suivre Alphamass, Maydo, Alma Mango et Sopycal en particulier ?
Je savais que je ne voulais pas faire un film avec un seul portrait. Je voulais montrer la diversité de la scène, même si ce n'était pas exhaustif. Je voulais prendre des parcours et des univers qui n'avaient rien à voir. Il m'en fallait plusieurs pour y parvenir, des styles de rap et des projets de vie différents. Avec ces quatre-là, qui ont des publics différents, on voit que la scène part dans tous les sens. On peut adorer Sopycal et ne pas comprendre Alphamass, ou inversement.
Je me suis aussi laissé guider par des proches qui connaissaient des noms. C'était un peu du bouche-à-oreille. Puis, j'ai rencontré des gens, et avec ces quatre-là, ça a matché direct. Je les ai rencontrés à Bordeaux, dans un café. Je ne les avais pas approchés en amont. On devait se voir 5 minutes, ça a duré 1h30, et à la fin, on parlait de tout, de capitalisme, de religion, c'était énorme.
Ce qui a facilité les choses, c'est aussi qu'ils sont tous hyper attachants. Comme ce sont des artistes en développement, il n'y a pas de filtre. Quand on contacte le manager d'un artiste très connu, ils maîtrisent tellement leur communication qu'ils ne vont pas s'ouvrir de la même manière. Un artiste comme ça n'a pas besoin d'un film, il pourrait financer le film lui-même. Alors que ces quatre-là, comme ils sont en émergence, le deal entre nous est équilibré. Ils ont aussi ce besoin d'ouvrir les portes à fond. C'était un bonheur de passer un an et demi avec eux, il y avait une alchimie de ouf.
Comment avez-vous gagné leur confiance pour pouvoir filmer des moments aussi intimes ?
Il y a deux choses. La première, c'est du bon sens : il faut être sympa, à l'écoute. Être dans l'empathie quand on raconte les gens, ne pas se la raconter. Quand je leur parle pour la première fois, le film n'est pas encore vendu. Ils ne me connaissent pas, mais ils voient que Far Ouest a fait d'autres productions, que ça fait 6 ans qu'on documente des choses à Bordeaux, que j'ai fait d'autres films. Il y a une base : "Ok, ce ne sont pas des rigolos".
Il faut être empathique, à l'écoute, ne pas faire de fausses promesses. Ça, c'est pour la première rencontre. Ensuite, c'est le temps. Quand on dit qu'on va venir, on vient. Quand on dit qu'on sera là, on est là. Quand on respecte sa parole, et que ça fait des mois qu'on suit les gens, qu'on filme des moments importants pour eux, un truc se crée.
Concernant Alphamass et la scène au cimetière, je lui courais un peu après au début. Il annulait des rendez-vous, et je me demandais s'il voulait vraiment faire le film. Mais on ne connaît pas les problèmes des gens. Un jour, il m'a donné rendez-vous, puis le jour même, il m'a dit : "Au fait, on va passer au cimetière". Je ne suis même pas sûr de savoir qu'il avait un proche décédé avant ce jour de tournage. On s'est pointés là-bas, je faisais comme si de rien n'était, mais je découvrais le truc.
Après, il y a un truc où je ne m'excuse plus de filmer. Si tu m'as laissé rentrer, je rentre. Je me mets près, parfois à 50 cm des gens, et je m'en fous. Une fois qu'on a créé une relation, si on ne me dit pas "stop", j'y vais. Surtout que filmer des scènes comme ça, même de loin, ça doit être vrai. Si on prévient à chaque fois, ça devient faux. Il faut faire ça avec respect, mais être présent. Je ne filme pas à moitié. Filmer à moitié ne rend rien, donc je filme à fond. On a tout le temps l'option après, si quelqu'un regrette, il me le dit. J'ai 180 heures de rushs, ce qui est débile, j'ai trop filmé. Si on doit couper 5 minutes, on coupera.
Vous dites que tout s'est plutôt bien goupillé sur ce film. Quel a été le principal défi, de la pré-production à la post-production ?
Sur ce tournage, tout s'est facilement déroulé. Quand j'ai envoyé le dossier à France 3 et qu'ils ont dit oui, je ne savais pas encore qu'Alma serait enceinte, qu'Alphamass passerait à Skyrock, que Maydo ferait la Boule Noire, et Sopycal ne savait même pas qu'elle gagnerait un prix. Toutes ces choses sont arrivées pendant le projet.
Peut-être que l'enjeu principal, ou le moment où ça a été un peu plus difficile, c'est quand j'ai réalisé que le concert, qui aurait dû être la séquence de fin, ne fonctionnerait pas comme je l'avais imaginé. Je l'avais peut-être trop idéalisé. J'avais construit le film autour de cette idée, et il a fallu réajuster. La scène de fin que l'on voit dans le film a été trouvée après.
Comment le film s'est-il écrit au fur et à mesure de ces surprises ?
En documentaire, on considère qu'on écrit tout le temps. On écrit au repérage, au tournage (par le placement de la caméra, le choix des sujets, la manière de filmer les interviews), et au montage (en choisissant les séquences, en les arrangeant, en coupant). On est tout le temps en train d'écrire.
Je suis toujours parti avec l'idée d'avoir quatre histoires parallèles, quatre enjeux parallèles, et d'essayer de les faire se rejoindre à la fin. C'est un peu le mouvement du film. Après, je pensais que ce mouvement se resserrait autour du concert, mais ça s'est passé différemment. Il y a eu des bonheurs et des surprises chouettes pour les uns et les autres pendant le film. Mais l'idée de prendre quatre chemins de vie qui se rejoignent à la fin était là dès le départ.
L'autre grande découverte, faite en cours de tournage, c'est que je ne faisais pas seulement un film sur le rap, ni même sur la musique. Évidemment, il y a plein d'images de concert, c'est très esthétique. Mais je me suis rendu compte que je faisais un film générationnel. Un film sur ce que c'est quand on s'approche de la trentaine, et qu'on se demande : "Qu'est-ce que je fais ? Je continue à suivre mes rêves ou je reviens au sérieux ?".
Ce truc, c’est universel. À 20-25 ans, on fait un truc qui nous plaît avec insouciance. On se lance, on a la chance du débutant, l'énergie de la découverte. À 30 ans, on se dit : "Ça fait 5 ans que je fais ça, je ne gagne pas ma vie avec, je n'ai pas été signé...". En même temps, on a gagné en maturité artistique.
Alors on se demande : "Stop ou encore ?".
C'est la question qui les rejoint tous. Est-ce que je vais trouver ma place ? Est-ce que je la veux vraiment ? Jusqu'où je vais sacrifier ma vie pour ça ? Au final, c'est ça la grande question. Elle n'arrive pas à 20 ans, elle arrive à ce moment-là. Je n'ai pas fait exprès, j'ai choisi les artistes pour leurs univers et leurs discours, sans regarder leur âge, et j'ai découvert qu'ils étaient tous un peu au même âge et à ce point de bascule dans leur carrière.
Quels sont les moments qui vous ont le plus marqué ou ému pendant le tournage ?
Pour Maydo, ce qui m'a le plus ému, c'est quand il a sorti son album. Il a mis son âme dedans, et quand j'écoutais le disque, j'entendais la personne que j'avais appris à connaître. Son album m'a profondément ému.
Pour Sopycal, ce n'est finalement pas sa victoire qui m'a le plus touché. C'est l'interview de fin, quand elle parle de sa maladie. Quand on s'est rencontrés la première fois, elle m'avait dit qu'elle allait se faire opérer et qu'elle n'en parlerait pas, c'était sa ligne rouge. Pour moi, ça ne faisait pas partie du film. À l'interview de fin, elle a commencé à en parler, et c'était très fort. Elle a raconté comment le corps médical ne la croyait pas alors qu'elle souffrait, ce genre d'histoires que connaissent beaucoup de femmes. Cette interview de fin a complètement éclairé tout ce que je voulais raconter avec elle. Je ne l'avais pas prévu. Je l'ai pris comme un cadeau, une sacrée marque de confiance qu'elle m'offre à la fin du film.
Pour Alphamass, je suis tellement ému par sa relation avec sa manageuse. C'est une chose très belle de les voir soudés comme ça. Et le passage à Skyrock, c'était fou. Il me prévient la veille au soir à 23h50 qu'il fait Planète Rap le lendemain, un lundi de Pâques. Comment faire pour monter à Paris sans train ni rien ? On a fait le truc dans le speed, en voiture, à distance avec une équipe. Et puis, même s'il a l'air d'être un rappeur "dur", au fond, c'est un nounours. Il est doux, et parfois, en interview, il lâche tout. L'interview sur chaise avec lui, c'était très fort.
Pour Alma Mango, le moment le plus touchant, c'est le soir de son premier concert après sa grossesse. Dans la voiture après le concert, elle était soulagée d'être encore capable de le faire. Quand on est une femme, en plus devenue maman, on est pleine de complexes. Elle a dit : "Je m'en fous en fait, je vais y arriver, j’en ai rien à foutre de ce que pensent les gens, je vais le faire". Il y avait une énergie incroyable. J'ai passé mon temps à essayer de faire de beaux plans, et au final, on est dans une bagnole avec une lumière pourrie, et je me disais : "Ça, c'est dans le film, c'est sûr". Elle redescendait, elle était soulagée de ce qu'elle avait fait, et ça sortait comme ça. Elle ne me parlait pas, elle se parlait à elle-même. C'était vrai.
Après avoir suivi ces artistes, leurs galères et leurs réussites, avec votre regard de réalisateur extérieur, qu'est-ce qui, selon vous, rend leur accès à une grande visibilité si difficile aujourd'hui ?
C'est la guerre. Maintenant, quand j'entends quelqu'un dire "Je veux être rappeur", j'entends "Je veux être joueur de foot professionnel". C'est la même chose. On a beau être bon, faire tout ce qu'il faut, être bien entouré, on peut rester avec 5000 abonnés sur Instagram. C'est terrible, on fait tout bien, mais il y a des milliers d'autres personnes qui font exactement pareil, voire mieux.
Il y en a partout, tout le temps. Ça va aussi avec un peu de chance, être au bon endroit au bon moment. C'est beaucoup de travail, mais il y en a qui travaillent beaucoup sans être récompensés. Il faut cocher toutes les cases, être solide professionnellement et personnellement. Il y a tellement de gens qui veulent faire du rap, c'est fou.
Quel message aimeriez-vous que les spectateurs retiennent de Rap Odyssée ?
Pour les gens qui ne connaissent rien au rap, j'espère que ce sera une porte d'ouverture, pousser la curiosité, pour éviter les clichés qu'on peut parfois entendre dans certains milieux. Un peu d'ouverture, donc. Mais je n'aime pas trop donner de leçons. J'aime bien quand les gens repartent avec des questions, comme celle du "stop ou encore ?". J'adore cette question, et je n'ai pas envie d'y répondre, ce sont des questions intimes.
J'aimerais que le film résonne chez les gens dans leurs questions intimes : À quel moment je fais des choix ? Comment je fais mes choix entre ce que j'aime, ce que je veux, ce qu'il faut faire ? Où être pragmatique, où être idéaliste ? J'ai l'impression que tout ce que je fais dans ma vie, artistique et personnelle, renvoie toujours à cette question : À quel moment le pragmatisme devient compromis, et à quel moment l'idéalisme est de l'utopie qui se heurte à un mur ? J'aime me dire : "Où est-ce que je mets le curseur là ? Est-ce que je fais un compromis ? Est-ce que je me trahis ?".
Peut-être que c'est ça l'enjeu du film. Ce serait cool, que quelqu'un, charcutier ou en instance de divorce, voie le film et se dise : "P*tain, c'est comme moi, c'est stop ou encore ?".
Un dernier mot ?
Oui, écoutez les quatre artistes. J'ai fait des playlists, mais il faut les streamer.
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