2025-02-23
[FIBD 2025] Les Herbes Folles, fascination de Julie Birmant
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Lors de la 52e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a eu lieu l’inauguration de l’exposition Les Herbes Folles, accueillie par le Musée du Papier jusqu’au 15 mars prochain. Une exposition conçue par Cathia Engelbach, Marguerite Demoëte et mise en scène par l’Atelier Maciej Fiszer qui propose une immersion dans le travail de Julie Birmant. Cette journaliste et scénariste de bande dessinée nous parle de femmes inspirantes, insaisissables et fondamentalement libres : Isadora Duncan, Gala Dalí, Yolande Moreau, Fernande Olivier… Ces fascinantes “herbes folles” qui jalonnent le cœur de son travail.
Affiche officiel de l’exposition pour la 52e édition du FIBD
Celles dont on ne connaît pas le nom
Pablo Picasso ou encore Salvador Dalí sont des noms qui résonnent toujours dans les esprits… Mais qu’en est-il de Fernande Olivier ? De Gala Dalí ? Ces femmes dont la notoriété n’est certainement pas à la hauteur de leur importance. Dans son travail, Julie Birmant les met en lumière et tente de rendre justice à celles dont on a voulu étouffer la voix, comme Fernande Olivier, de son vrai nom Amélie Lang, modèle, artiste, écrivaine et compagne de Pablo Picasso qui aurait payé pour qu’elle ne publie pas son ouvrage, Souvenirs intimes. Mais comment faire parler des personnalités muettes ou gardées dans l’ombre ? C’est toute l’expertise de Julie Birmant qui, par le prisme de Gala Dalí, nous montre comment, à partir d’éléments connus, elle retrace leurs vies, tente de leur donner la parole et de les faire exister en bande dessinée :
“Gala est un personnage silencieux, qui existe tout d’abord par rapport à Paul Éluard, qui a écrit pour elle des centaines de poèmes sublimes, pleins d’érotisme et de mystère, et ensuite par rapport à Salvador Dalí, qui a peint des tableaux extraordinaires d’elle, dans lesquels elle est structurante. C’est elle, l'initiatrice de l’amour. C’est donc à partir de regards d’hommes que j’ai essayé de reconstituer qui elle était, elle. J’ai conçu une sorte de parcours de regards pour la réinventer.”
L’exposition, elle aussi comme un parcours de regards, nous permet de poser les yeux sur des personnages bien souvent mis de côté et de révéler une nouvelle perspective de l’Histoire.
Photographie prise lors de l’exposition mettant en avant l’héroïne fictive de Julie Birmant : Renée Stone
La naissance d’une héroïne : Renée Stone
Premier personnage fictif créé par Julie Birmant et matérialisé par le crayon de Clément Oubrerie, Renée Stone nous apparaît comme un condensé de toutes ces femmes inspirantes dont Julie Birmant a pu nous parler auparavant. Cette héroïne fictive, jeune romancière anglaise inspirée d’Agatha Christie et de Renée Perle, prend vie au XXe siècle, plus précisément dans les années trente, et va nous embarquer dans des histoires rocambolesques. Du premier au troisième tome, elle nous transporte de l’Éthiopie à l’Angleterre, jusqu’au Proche-Orient… Le récit de Renée Stone, scénarisé à l’image d’un roman policier, se compose de nombreux voyages, de découvertes, d’action et d’amour. Encore une fois, Julie Birmant nous plonge dans la vie et le récit d’une femme inspirante, d’une héroïne cette fois-ci, créée de toute pièce. Mais, bien que les personnages et leurs aventures soient fictifs, cette histoire s’ancre dans le réel grâce au cadre où elle évolue, qui est celui du monde que nous connaissons. Ce qui permet à Julie Birmant de parler dans cette fiction de choses bien réelles mais peu connues, comme l’histoire de la Mésopotamie et sa redécouverte. À nouveau, tel un leitmotiv dans son travail, on retrouve la mise en lumière d’histoires méconnues. C’est ainsi qu’en empruntant son nom au titre que Julie Birmant aurait voulu donner à son premier livre, l’exposition rend hommage à l’essence même de son travail, Les Herbes Folles… Celles auxquelles on ne prête pas assez d’attention.
Julie Birmant durant l’exposition au Musée du Papier à Angoulême
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