LILGUWOP : "La sincérité se sent dans la musique."
2024-09-11
LILGUWOP : "La sincérité se sent dans la musique."
Découvrez LilGuwop, jeune prodige du rap bordelais, signé chez Jeune à Jamais. Aux côtés d'artistes comme Babysolo33 et Yuri Online, il s’impose sur la scène montante. Inspiré par la drill de Chicago et la scène de Détroit, il collabore avec les beatmakers 3G et Bricksy pour créer un son authentique et sincère.
GUILLAUME : Salut à toutes et à tous vous écoutez Le bouillon, exhausteur de saveurs musicales du média TACK. Aujourd'hui on vous présente Lilguwop, aux influences tout droit venues de Détroit ou encore Chicago, avec des sonorités similaires à ..., ... ou encore ... . Dès l'âge de 14 ans Lucas Duval, de son vrai nom, se lance dans le rap, accompagné de son grand frère Bricksy, célèbre producteur bordelais. Retour sur son dernier projet Glowop et sur le parcours d'un artiste de la new wave que beaucoup considère comme prometteur.
Extrait musical
LILGUWOP : Je m'appelle Lilguwop, j'ai 21 ans, bientôt 22 et je fais du son sur Bordeaux depuis que j'ai je pense 14/ 15 ans si je ne dis pas de bétise. Là ça commence, je me professionnalise un peu dans ce que je fais, dans ma musique donc c'est cool et je viens de sortir mon projet du coup Glowop il y a deux trois semaines maintenant.
GUILLAUME : Du coup j'allais te parler de ton dernier projet Glowop, pourquoi ce nom ? Moi ça a me fait penser à "glow up" et je me disais des paroles, des lyrics, que j'ai écouté j'ai l'impression que c'était un peu retour sur toi, une introspection et surtout un état des lieux de ce que tu as fais jusqu'à maintenant pour te lancer dans quelque chose. Est-ce que je me trompe, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
LILGUWOP : Bah carrément ouais, en fait de base le titre on n'avait pas du tout d'idée, enfin moi j'avais des idées, mais qui étaient peut-être trop longues, c'était plus des trucs en mode " l'herbe est plus verte ailleurs" un truc comme ça. Et au final on a trouvé ça naturellement avec Bricksy et 3G, qui m'ont aidé, enfin qui sont autant les main artistes que moi sur ce projet la vu que c'est entièrement produit par eux et qu'on a vachement bossé tous les sons ensemble pour arriver à un truc hyper commun, hyper professionnel. Glowop c'était en gros un jeu de mot avec du coup mon blase Lilguwop et le délir du son qui a des sonnorités vachement Glow, un peu style Chief Keef à l'ancienne, sur des prods en mode style Glow gang et du coup on s'est dit Glowop pour faire le jeu de mot avec Glow up.
Parce que ce projet là pour moi ça a été un peu un Glow up. Que ce soit dans la façon dont il a été fait, qu'il est distribué via Jeune à jamais, un label parisien où sont signés Bricksy et 3G et moi ça a été un step up dans ma tête dans les sons que j'ai fais, je les ai trouvé beaucoup plus travaillés, je me suis mis beaucoup plus en mode pro dans ces sons là. Ouai du coup pour moi ça a été un step up dans ma "carrière", la maintenant pour moi il faut que je continue dans ce délir là en mode pro de ouf et je peux plus me permettre de faire des trucs en mode "amateur" comme j'avais l'habitude de faire ou sortir des sons vite fait et rien faire après. Il faut que je me focus là dessus donc voilà un peu le délir du projet, d'où le titre aussi.
GUILLAUME : Au début tu me parlais un peu des tes influences, beaucoup d'influences de Détroit, est-ce que tu peux me citer peut-être des artistes qui t'ont marqué, me parler un peu plus de tes influences qui font que maintenant tu fais ce style de son la en particulier.
LILGUWOP : Bah en vrai, dans la musique je fais ce qui me plaît en vrai de vrai. Donc je me dis pas là il faut que je fasse tel ou tel truc, je fais vraiment tout ce qui me passe par la tête. Par exemple, le projet que j'ai sorti qui était Family buisness la c'était 100% en mode Détroit parce que c'est ce que j'écoutais à fond et le projet que j'ai sorti c'était beaucoup plus en mode Chicago, Glow gang, Chief Keef tout ça parce que c'est ce qui m'a poussé à me mettre à la musique déjà de base, ce sont mes influences premières et ça me tenait à coeur en fait de faire un projet qui rend un peu hommage à cette époque la, en mode 2015 / 2016. Et ouais non, mes influences, les gars de détroit c'est ceux qui m'on le plus influencé pour faire du son : noms d'artistes toute la team ghetto boy donc noms d'artistes y avait aussi noms d'artistes qui est un peu moins actif en ce moment avec DJ X6, que j'ai un peu lâché aussi et maintenant nom d'artiste j'écoute de ouf, son dernier projet j'écoute de ouf et celles qui correspondent le plus au projet que j'ai sorti ouais il ya Speaker ... donc côté Chicago Chief Keef, liste artistes ça c'est des trucs que j'écoute depuis que j'ai 13 ans et c'est ce qui m'a poussé à me mettre au son, j'aimais trop regarder leurs clips et un jour je me suis dis il faut que je fasse du son, je pense que le projet il rentre bien dans ces thématiques la. (4:05)
GUILLAUME : Si je te dis : "on reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va" ça c'est une phrase de Prévert, mais je sais pas pourquoi ça m'a fait pensé un peu à ton projet. Y a des sons ou tu te rends compte de quand tu étais heureux tu vois et au final que quand c'est parti, donc si je te dis cette phrase à quoi ça te fait penser ?
LILGUWOP : C'est grave intéressant comme phrase, bah en vrai il y a des sons qui me font grave penser à des trucs joyeux, vraiment au bonheur et tout, comme il y a des sons un peu plus, pas triste non plus, mais je dirais plus posé comme le dernier son qui s'appelle Sober où la c'est une thématique qui parle principalement de drogue et du fait que je suis dans un entourage avec quand même beaucoup de gens qui sont la dedans et moi qui n'en consomme pas j'ai du coup un regard un peu plus extérieur à tout ça... et pour revenir à la phrase du coup ça me fait penser, par exemple dans Deux bras deux jambes, qui est du coup je pense le premier morceau que j'ai enregistré du projet, c'est le premier qui m'a lancé dans cette thématique la, avec Bricksy, 3G et Mache, la phrase je dis:
"Pour être heureux faut faire de l'argent, sinon y a pas d'autre choix. Maintenant je me rends compte j'étais vraiment heureux quand je le savais pas".
Parce que je pense que c'est un peu tout la problématique. Quand on grandit on se rend compte de l'importance d'avoir de l'argent, selon les personnes bien évidemment, moi je sais que ça me matrix beaucoup. J'ai toujours peur de ne pas avoir assez d'argent, j'ai toujours envie d'avoir des sous de côté pour faire mes trucs et tout. Et je me rends compte qu'en fait le vrai bonheur c'est de pas courir après l'argent, c'était plutôt quand j'étais petit et que je savais même pas quelle étais la valeur de l'argent, on se posait pas la question, on prenait des bouts de bois et on s'amusait dehors en mode... Maintenan on veut s'amuser, tout est payant, on veut faire une sortie quelconque il faut payer donc je pense ça rejoint pas mal la phrase.
GUILLAUME : Est-ce que tu aurais une définition, comme ça en tête, pour toi, si je te dis Le bonheur.
LILGUWOP : Le bonheur, pour moi se serait, je pense comme tout le monde, de vivre de ma passion et ne pas avoir à me lever tous les matins pour faire un truc qui me plaît pas. Après je pense que les gens qui sont le plus heureux sur la Terre, je pense c'est ceux qui se soucis pas de l'aspect matériel. Parce que, quand tu ne te soucis pas d'avoir le dernier vétement, tant d'argent, il faut que je fasse-ci, que je fasse ça et que juste tu vis avec ce que la vie te donne. Je pense pour moi se satisfaire de rien c'est le sumum du bonheur. Je ne sais pas si je serai capable d'obtenir ça un jour donc pour moi c'est ça le bonheur. La, maintenant, tu me dis le bonheur je pourrais te dire être à Los-Angeles, avoir 200 000 euros sur moi et faire ce que je veux, avoir des voitures de luxe tu vois ce que je veux dire, mais en grandissant ça va sûrement changer, parce que la c'est une vision de jeune ultra matérialiste et tout ça.. La pour l'instant le truc principal c'est je pense, vivre de ma passion, en vrai de vrai, faire ce que je veux, ne pas avoir de restriction dans ma vie. Juste être libre, voyager quand j'ai envie, faire de la musique qui puisse plaire aux gens, qui puisse aider les gens dans tous leurs projets... faire de la musique tout simplement.
GUILLAUME : Je pense que une des chose qui doit te rendre heureux parce que ça prend beaucoup de place dans ta musique c'est la famille. Tu vois tu as sorti Family first, Family Buisness, tu en parles beaucoup dans tes sons et je vois même dans tes connexions, avec ton frère avec tes amis que tu considères aussi comme tes frères aujourd'hui, est-ce tu peux me parler un petit peu de tes connexions, de ton entourage, des liens que tu as avec ce monde la qui est le tient ?
LILGUWOP : Je m'en suis rendu compte à la fin, mais dans la question dans le bonheur bien sûr il y a aussi faire plaisir, rendre heureux tous les gens dans ma famille, et les gens autour de moi. Pour les connexions c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui le savent pas, pourtant j'ai l'impression de le répéter à longueur de journée, mais Bricksy du coup c'est mon grand frère. Il y a deux trois jours il y a encore des gens qui le découvraient sur mon live donc, donc ouais on s'est mis à faire de la musique plus ou moins ensemble avec très peu de temps de décallage. Lui de base il faisait du scratch, moi j'ai commencé à écrire, puis il s'est focus sur les prods. On va dire que du coup, moi et Bricksy on est connectés depuis 2002, depuis que je suis né. Mais pour le reste, 3G ça s'est fait très vite, Bricksy l'a rencontré, donc 3G ça commence à faire très longtemps. Dans mon entourage de musique, ou mon entourage tout court, la plupart des gens que je vois, c'est des amitiés de plus de 10 ans je pense , c'est des gens depuis la 6 ème ou 5 ème que je connais. Et ouais c'est hyper important pour moi de garder un peu ce même cercle, parce que c'est gens avec qui on a grandit, on veut tous je pense réussir ensemble et c'est ce qui nous pousse aussi à s'acharner dans le milieu qu'est la musique, qui est très compliqué. Franchement la finalité c'est qu'on y arrive tous ensemble.
Après j'ai fais beaucoup de connexions dans le milieu de la musique qui sont devenus, avant tous les featuring, sont devenus des amis comme Fenka ?? par exemple qu'on a connu Yuri, de base il était surtout collègue avec Yuri. Yuri c'est pareil, c'est un poto de Bordeaux ça fait depuis 6 ou 7 ans qu'on fait du son et c'est vrai que c'est gens, c'est devenus des amis, avant de devenir des "connexions musicales" et ça pour moi c'est le plus important en vrai de vrai, c'est un truc qui se ressent après dans la musique. C'est à dire que Yuri c'est quelqu'un j'ai pas à me prendre la tête, genre on se capte et on a un micro et je sais qu'on peut faire 10 sons s'il faut dans la journée, ça se fait tout seul. Pareil pour Nemo, c'est quelqu'un avec qui j'ai fais beaucoup de son, lui il avait produit pour mon tout premier projet, donc 2017/2018. On commence un peu à avoir un cercle très défini. Floki ? c'est différent parce que avant d'être dans la musique on était amis depuis la primaire. Souley c'est celui avec qui j'ai commencé la musique, qui m'a poussé aussi à être dedans, et on commence à avoir un cercle bien défini et je pense que les gens le remarquent aussi parce que du coup, la plupart on est tous restés à Bordeaux, on a pas fait le choix de monter à Paris pour faciliter les choses. Paris c'est un autre délire niveau musique, c'est beaucoup plus buisness, moi je fais de la musique pour l'instant je fais pas encore du buisness. Tout ce que je fais, je le fais naturellement et je veux pas qu'on me dise quoi faire pour rentrer dans des cases ou je sais pas quoi. Donc on a fait le choix de rester à Bordeaux, ce qui nous met des batons dans les roues pour plein de chose parce que Paris c'est aussi énormément positif pour toutes les connexions musicales qui a à faire. Moi j'ai des potes qui sont partis là-bas, qui ont fait des connexions, qui sont allés hyper vite et qui auraient pu ne pas se faire s'ils étaient restés dans leurs villes ou à Bordeaux.
Sur Paris on a quand même fait des rencontres intéressantes ... c'est des gens maintenant pareil ça fait facile 4 ans je pense qu'on fait du son ensemble et qu'on se connaît. Donc ouais on reste avec les mêmes et puis on reste dans ce délire famille et c'est ce que je veux mettre en avant de ouf. C'est aussi ce qui m'a inspiré chez Chief Teef, Chicago tout ça parce que eux ils ont la même team depuis des années, CT il bouge partout que ce soit à LA, à Miami, il emmène toujours des collègues avec lui, il a commencé avec eux et ils vont finir ensemble, donc c'est ce truc la qui me pousse et ils ont tous plus ou moins des liens familiaux, ils sont tous cousins et je trouve ça inspirant de les avoir vu monter, il aurait pu faire le choix de les laisser, mais il a décidé de monter avec eux. C'est l'idée que je veux propager dans ma musique, on monte ensemble, on a commencé ensemble, on finit ensemble, même si je pense que la vie fa séparer certaines personnes, ça se fera naturellement.
Extrait musical
GUILLAUME : Dans un de tes sons tu dis :
" Ma ville je la visite en fermant les yeux".
On sent que tu es attaché à Bordeaux. J'allais te poser la question, comment tu vois un peu la scène rap à Bordeaux ? Parce que la tu me disais à Paris c'est beaucoup buisness tout ça. Quand je te dis la scène Rap c'est vraiment gavé large, mais toii avec du recule comment tu perçois les choses ?
LILGUWOP : Bordeaux évidemment je suis super attaché à cette ville, c'est là où j'ai toujours grandi. Je suis né à Bordeaux, j'ai toujours (15:52)