Dima Abdallah : "L'errance est un chemin d'initiation." | TACK

Dima Abdallah : "L'errance est un chemin d'initiation."

2023-11-13

Dima Abdallah : "L'errance est un chemin d'initiation."

Interview réalisée au Festival de l'Escale du Livre 2022 à Bordeaux. TACK a rencontré Dima Abdallah, autrice de Bleu Nuit et Mauvaises herbes. Elle nous parle de ses influences, de son processus de rédaction et de la relation entre auteur et éditeur.

Je suis Dima Abdallah je suis romancière. Mon premier roman Mauvaises herbes est parut en août 2020 aux édition Sabine Wespieser. Aux mêmes éditions, en janvier, est sorti Bleu Nuit, un deuxième roman, qui poursuit les obsessions du premier, mais je dirais poussées à l'extrême. Depuis Mauvaises herbes, l'écriture que je pratiquais depuis toujours a prit une nouvelle place, vraiment très importante, essentielle -dans ma vie-, avec un sentiement d'urgence à écrire. Le plus beau compliment qu'on m'ait fait pour ce deuxième roman, c'est de me dire : "c'est très très différent, mais on reconnaît aux premières lignes que c'est vous. "

 

J'accorde une importance  à l'écriture dans le sens, vraiment de la forme et de la voix narrative, parce que la forme c'est du sens. On retrouve cette écriture un peu poétique. Cette plume particulière dans ce deuxième roman. C'est la suite d'une très belle collaboration avec ma maison d'édition avec qui j'ai un plaisir vraiment immense à travailler.

 

Pour revenir justement sur les deux ouvrages que vous avez réalisé en 2020 et 2022 : Mauvaises graînes, c'est l'histoire d'une famille, plus précisémment d'un père et de sa fille qui quittent le Liban et qui se retrouvent exilés en France, ou on découvre leur phase d'adaptation et de compréhension de ce nouveau monde qui les entoure. Bleu Nuit, c'est l'histoire d'un journaliste qui part dans une errance, vous laissez beaucoup de place au vagabondage, à l'imaginaire qui prend le dessus sur le personnage. Ces deux oeuvres peuvent, comme vous l'avez dit, sembler très différentes, mais elles comprennent certaines similitudes. La première étant une écriture assez incisive et les nombreuses respirations insérées dans l'histoire, comment est-ce qu'on créer une rythmique ? 

 

En réalité, je crois qu'une écriture qui est poétique est encore plus habitées qu'une autre par ce rythme, par le son. Je dirais que quand j'écris j'entends. Il y a une sorte d'oralité finalement, de musique dans l'écriture. C'est l'écriture que j'aime lire, déjà. Je vous avoue que pour ma part ce n'est pas vraiment pensé. C'est à dire que je n'arrive pas à penser des idées, je n'ai pas des idées de roman, j'ai des voix. J'ai des voix qui s'invitent et c'est tout de suite de la littérature, avant même que je me mette à écrire j'écris dans ma tête et il y a une sonorité déjà, il y a rythme, il y a une importance sur les échos, les raisonnances. Je crois que c'est la définition même de la littérature, parce que finalement sur quoi on écrit ça a une importance, mais pas tant que ça. Comme beaucoup le dise on a déjà écrit sur tout. La manière je crois que c'est essentielle, la manière fait tout, c'est la manière qui fait l'oeuvre. Pour répondre à ces obsessions 

 

Des personnages qui sont à côté, qui sont pas à leur place.