Silence sur le plateau, en avant la musique ! | TACK

2020-02-01

Silence sur le plateau, en avant la musique !

Écrit par :

Des premiers films muets à aujourd’hui, la musique a toujours été utilisée au cinéma. La musique de film ne se contente pas d’accompagner l’image du début à la fin : action, émotion, sensibilité, elle permet un panel de sensations ou appuie un aspect précis du film. Élément scénographique à part entière, pouvant déterminer le succès ou l’échec d’un film, le choix d’un accompagnement musical est aujourd’hui aussi important et délicat que le choix du casting.

 

Il peut s’agir d’œuvres originales, spécialement composées pour l’occasion ou de compilations de morceaux plus ou moins connus du public. Le choix de musiques pré-existantes permet une connivence, une connexion particulière avec le spectateur, afin de transmettre plus facilement une émotion, donner des infos sur les personnages ou pour situer l’action dans une époque.

Tout récemment, un film a remis cette technique sur le devant de la scène : «Les Gardiens de la Galaxie» réalisé par James Gunn.

 

Pourquoi la musique marche si bien dans ce film? Tout simplement grâce à l’idée de génie du réalisateur : faire du walkman du personnage principal un élément clé, qui diffuse et justifie toutes les chansons des années 70-80 entendues. Le style et l’année d’origine des morceaux vient en décalage avec l’univers très futuriste du film. La musique donne ici une dimension particulièrement nostalgique au film.


Prenons maintenant un contre-exemple : «Suicide Squad» de David Ayer. Chaque point qui marchait si bien dans «Les Gardiens de la Galaxie» est traité de manière excessive. La répartition des morceaux tout au long du film est réellement chaotique, enchaînant dés les premières images, pas moins de 5 titres différents en très peu de temps. De plus, le choix de ces morceaux est assez facile et lourd : un hélicoptère arrive en approche d’un pénitencier, et «the house of the raising sun» retentit ! Des supers méchants sont censés être sympathiques, hop «Sympathy for the devil»... Utiliser une chanson qui soit en rapport avec l’image peut être une technique intéressante, mais on peut aussi donner une impression redondante s’il n’y a pas assez d’écart entre les deux.

 

Pour illustrer une dernière fois l’intérêt de la réappropriation de morceaux connus dans une œuvre cinématographique, utilisons l’une des scènes finales de «Django Unchained» de Tarantino. Cette scène est accompagnée d’un mashup inédit de deux œuvres existantes. En entendant le morceau du rappeur 2Pac en featuring avec James Brown, dans un western, l’importance de cette scène n’échappe à personne, après 40 minutes sans une seule musique, le spectateur est alors galvanisé par la frénésie à la fois du rythme et de l’action.

 

L’utilisation d’œuvres existantes dans les films a de nombreux attraits : elles viennent faire partager une émotion liée aux images et à l’intrigue, ou aux musiques elles-mêmes. Elles contribuent également à faire connaître de nombreuses œuvres musicales ou morceaux «underground». Les spectateurs, jeunes ou moins jeunes, s’ouvrent alors à une toute autre culture musicale.