CULTURE SHARE 2099: La revanche des Parias | TACK

2023-01-01

CULTURE SHARE 2099: La revanche des Parias

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L’événement caritatif qui a secoué positivement l’opinion publique, mais dont les principes ont suscité l’indignation des générations plus âgées

 

C'est Culture Share (CULS), le nom de l'événement caritatif d’hier, 3 décembre 2099, qui a fait l’objet de nombreuses critiques positives pour sa richesse culturelle et son épaisseur morale. Malheureusement, le projet a reçu des remarques très négatives de la part de ceux qui ont vécu à des époques différentes, qui ont vraiment du mal à s’adapter aux changements sociétaux sur lesquels s'est basée la société actuelle.

 

En effet, au cours du siècle dernier, beaucoup de choses ont changé au niveau mondial : plusieurs épidémies et catastrophes climatiques se sont succédé au fil des ans, décimant la population. Le modèle de la société a changé et une plus grande importance a été accordée aux nouvelles et anciennes questions culturelles. De plus, une nouvelle sensibilité des personnes à l'égard de ceux qui une fois étaient mises à l'écart est née.

Le CULS, organisé par le département des cultures internationales, a eu lieu dans un quartier très emblématique, à l'intérieur du centre culturel de la ville, qui dans le passé avait la réputation d'être l'un des lieux les plus dégradés de la ville. Ici, il y avait plusieurs stands, chacun représentant la culture d’un État et l’expérience d’un sans-abri, qui présidait également le stand en question.

 

Le but de CULS est, comme son nom l’indique, le partage de la culture. En échange d’une contribution soit économique, soit symbolique qui vise à soutenir les sans-abris dans leurs projets de vie et de travail, ceux-ci s'engagent à raconter leur histoire et quelques curiosités sur leur pays d’origine ou leur personnalité, aux participants, qui sont principalement des personnes aisées issus d'un milieu bourgeois.

Le CULS peut être considéré comme un événement culturel, mais aussi éducatif, et un nombre énorme de personnes, adultes et jeunes, y ont participé hier.

 

Le but de ce projet est de montrer les SDF comme des personnes ayant un bagage personnel mais aussi culturel très vaste, qui doit être valorisé et partagé avec ceux qui n’ont pas la possibilité d’accéder à ces connaissances.

Il est donc probable qu’il sera répété chaque année, et des sources fiables affirment que ce type d’événement se propage à travers le monde et que son impact sur l’opinion publique est très fort.

 

Malgré son succès, plusieurs personnes âgées interrogées par nos agents ont vivement critiqué le programme CULS, en mettant en avant le caractère faussement futuriste, absurde et hypocrite de cet événement.

 

L'un d’eux, Jean Bobard, 70 ans, dit :

 

" C’est absurde ! De mon temps, les sans-abris étaient ignorés, et la pauvreté était cachée et traitée avec honte ou au mieux avec compassion. Personnellement, je pense que c’était mieux ainsi. Ceux qui ne sont même pas capables de gagner leur pain, ne méritent pas d'être admirés et inclus dans la société ! ".

En revanche, Eléonore Cauchemar, 66 ans, dit :

 

"Je ne comprends pas pourquoi cet événement plaît autant, c’est juste une bêtise mise en acte par les gens qui ne sont pas encore capables d’admettre qu’ils n’ont que de la répulsion pour la pauvreté et prétendent être ouverts et inclusifs uniquement pour se conformer à tout prix à la norme. Nous, les générations plus anciennes, étions plus intransigeants, mais au moins, nous n’avions pas à nous soucier de partager nos espaces et notre monde avec des gens qui, il y a quelques décennies, vivaient en marge de la société.”

 

Les témoignages de ces personnes représentent cependant des cas isolés. En effet, entre hier et aujourd’hui, plus de la moitié des participants se sont inscrits à plusieurs associations qui travaillent pour promouvoir les activités des SDF et s’occupent de leur insertion dans la société en tant que membres actifs et porteurs de nombreuses connaissances.

En outre, plus de 6 000 euros ont été collectés et seront investis dans des centres où les personnes sans domicile fixe pourront s'exprimer et se raconter, en animant plusieurs ateliers tout au long de l'année.